![]() |
Sitting Bull |
|
| ||
Cet homme aux traits durs, à l'expression emplie de sagacité perçante, tel qu'il apparaît sur les clichés de l'époque, a porté à bout de bras la destinée de son peuple; pour lequel il ne désirait qu'une chose, une vie libre. Guerrier, il le fut jusqu'au tréfonds de l'être. Et pourtant il n'y eut pas plus ardent défenseur de la paix que lui. Sa vie entière se passa à essayer de trouver un terrain d'entente avec les Blancs et le gouvernement américain. Rares sont les chefs indiens qui déployèrent une semblable volonté de paix. Mais quand il dut livrer bataille, il le fit avec une rage féroce. La légende qui le poursuit fait de lui un "homme-médecine", un sage, un "saint-homme" peu enclin aux choses de la guerre. C'est en grande partie faux. Les témoignages laissent penser en effet que Sitting Bull avait un don de prophétie avéré, mais il fut aussi et surtout un homme de guerre, meneur de combats. C'est ainsi qu'il se distingua parmi les siens, et qu'il réussit, au 19e siècle, à être l'unificateur de plusieurs tribus des Plaines. Comme tout leader indien, il tenait entre ses mains les deux pôles qu'on pourrait croire opposés de la conscience indienne: d'un côté une spiritualité orientée vers la paix et l'entente avec tout ce qui vit, et de l'autre, une éducation guerrière extraordinairement poussée. Sitting Bull fut un de ceux qui parvinrent peut-être le mieux à gérer cette apparente incompatibilité. L'envergure du personnage n'en est que plus marquante à une époque où, côté "Blanc", tous ceux qui participèrent de près ou de loin à la "politique indienne" du gouvernement américain ne furent que de médiocres figures, dont le principal souci était la carrière personnelle et l'obtention des faveurs gouvernementales, en espérant pour certains, qu'elles finiraient bien par les hisser en haut de la hiérarchie sociale et politique, voire, ainsi que l'escomptait le général Custer, au rang de président des Etats-Unis. Custer paya de sa vie l'aveuglement qui lui valut son extravagante ambition. Quelques années plus tard, ce fut au tour de Sitting Bull dont l'autorité, devenue plus que gênante pour ses ennemis de tous bords, Blanc et Indiens, fut à l'origine de son assassinat en 1890, année marquée par tant de violences et de troubles, et dont le massacre de Wounded Knee fut, en quelque sorte, la sanglante apothéose. Voici quelques extraits de discours de ce grand personnage... |
||
|
||
| «Voyez Mes frères, le
printemps est venu ; la terre a reçu l'étreinte du
soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour! Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie. C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre existence ; c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos voisins animaux, le même droit qu'à nous d'habiter cette terre. Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire à une autre race quand nos pères l'on rencontrée pour la première fois, mais aujourd'hui grande et arrogante. Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol et l'amour de posséder est chez eux une maladie. Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leur propres usages et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent avec leurs constructions et leurs ordures. Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage. " Nous ne pouvons vivre côte à côte." |
||
| Discour prononcé en 1875 | ||
|
||
| «Quel traité le blanc a-t-il
respecté que l'homme rouge ait rompu ? Aucun. Quel traité l'homme blanc a-t-il jamais passé avec nous et respecté? Aucun. Quand j'étais enfant, les Sioux étaient maîtres du monde ; le soleil se levait et se couchait sur leur terre ; ils menaient dix mille hommes au combat. Où sont aujourd'hui les guerriers ? Qui les a massacrés ? Où sont nos terres ? Qui les possède ? Quel homme blanc peut dire que je lui ai jamais volé sa terre ou le moindre sou ? Pourtant ils disent que je suis un voleur. Quelle femme blanche, même isolée, ai-je jamais capturée ou insultée ? Pourtant ils disent que je suis un mauvais Indien. Quel homme blanc m'a jamais vu saoul ? Qui est jamais venu à moi affamé et reparti le ventre vide ? Qui m'a jamais vu battre mes femmes ou maltraiter mes enfants ? Quelle loi ai-je violée? Ai-je tort d'aimer ma propre loi ? Est-ce mal pour moi parce que j'ai la peau rouge ? Parce que je suis un Sioux ? Parce que je suis né là où mon père a vécu ? Parce que je suis prêt à mourir pour mon peuple et mon pays ?» |
||
|
||
| «Je tiens à ce que tous sachent que je n'ai pas l'intention de vendre une seule parcelle de nos terres ; je ne veux pas non plus que les Blancs coupent nos arbres le long des rivières ; je tiens beaucoup aux chênes dont les fruits me plaisent tout spécialement. J'aime à observer les glands parce qu'ils endurent les tempêtes hivernales et la chaleur de l'été, et - comme nous-mêmes - semblent s'épanouir par elles.» | ||
|
||
| Après la bataille de Little Bighorn, Sitting Bull et les siens partirent pour le Canada où ils furent autorisés à vivre en paix. Le gouvernement américain fut dans une position délicate car les Canadiens traitaient les "renégats" convenablement, aussi dépécha-t-il une commission conduite par le général Terry pour supplier la bande de "sauvages" de revenir aux Etats-Unis afin de vivre dans une réserve. Aprés une énumération des traités et promesses rompus, Sitting Bull tint ce discours... | ||
| «Pendant soixante-quatre ans
vous avez persécuté mon peuple. Qu'avons-nous fait pour
devoir quitter notre pays, je vous le demande ? Je vais
vous répondre. Nous n'avions nulle part où aller, aussi
nous nous sommes réfugiés ici. C'est de ce côté
de la frontière que j'appris à tirer et devins un
homme. Pour cette raison j'y suis revenu. On m'a talonné
jusqu'à ce que, contraint d'abandonner mes propres
terres, je vienne ici. J'ai été élevé dans cette
région et je serre aujourd'hui les mains de ces gens
[les Canadiens]. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de ces gens et c'est ainsi que je me propose de vivre. Nous n'avons pas donné notre pays ; vous vous en êtes emparés. Voyez comme ces gens me traitent. Regardez-moi. Vous me croyer dupe, mais vous l'êtes encore bien plus que moi. Cette maison, la maison de l'Anglais, est une maison sacrée [maison de la vérité] et vous venez ici nous dire des mensonges ! Nous ne voulons pas les entendre. J'ai maintenant assez parlé. Vous pouvez vous en retourner. Ne dites plus rien. Emportez avec vous vos mensonges. Je resterai avec ce peuple. Le pays d'où nous venons nous appartenait ; vous nous l'avez pris ; nous vivrons ici.» |
||
|
||
| Comme vous l'aurez certainement remarqué, si l'on change les protagonistes de ces discours on peut très bien imaginé être à notre époque et ce quelque soit notre pays et nos origines. Au cours de l'histoire de l'humanité rien à vraiment changer, n'est-ce pas ? Le chant qui suit à été chanter par Sitting Bull alors qu'il se rendait aux autorités après le combat contre le général Custer: | ||
|