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Les "sacs-médecines" font partie
d'une vieille tradition et sont utilisés par plusieurs
personnes encore aujourd'hui pour la protection
personnelle. Or, comme je le mentionne dans mon texte
précédent, nous vivons depuis quelques années un
courant nouvelliste qui entraîne une foule de gens dans
un tourbillon de mysticisme, de magie et de tradition qui
apporte plus de confusion que d'éclairage au sujet de
nos traditions amérindiennes. De même, le mot
"médecine" est souvent galvaudé et mal
compris.
Le terme de "médecine" a été
traduit par les blancs du mot "wakan" qui, en
langue Sioux fait référence au sacré, au spirituel tel
qu'employé dans le terme Wakan Tanka ou Être Suprême.
Le mot "médecine" a d'abord été utilisé
pour désigner les "chamans" et les
guérisseurs, on les appelait les
"hommes-médecines". Au fil des années
l'appellation s'est étendue à tout ce qui concernait la
protection et la guérison. Nous avons donc des
"hommes-médecines", des "roues de
médecines", des "sacs-médecines" etc...
Les "sacs-médecines" qu'on retrouve
aujourd'hui dans les boutiques sont une représentation
symbolique de ceux qu'on utilisait autrefois. Certes ils
sont toujours faits de cuir et remplis de petits objets
mais leur "pouvoir" de protection n'est pas
inclus dans le prix!!! La signification et l'usage
traditionnel de ces petites poches de cuir sont souvent
mal connus même de ceux qui les fabriquent. Il en
résulte que les renseignements qu'on nous en donne
doivent être vérifier si on veut vraiment connaître
l'origine amérindienne de ces derniers. Je dis bien
l'origine AMÉRINDIENNE puisqu'on utilisait de petits
sacs semblables dans plusieurs autres cultures. Je pense
notamment à l'époque médiévale sur le vieux
continent. De petits sacs de cuir étaient remplis de
poudre et de gris-gris de toutes sortes utilisés à des
fins magiques pour jeter des sorts ou pour en conjurer.
Certaines personnes qui fabriquent des
"sacs-médecines" dits Amérindiens
disent qu'ils étaient à l'origine remplis de sauge, une
herbe grandement utilisée en magie noire ou blanche pour
ses propriétés purifiantes. Cette explication est
tirée du dictionnaire des symboles qui est un livre de
référence pour les magiciens en herbe. Ce qui porte à
confusion ici, c'est que la sauge fait aussi parti des
herbes considérées comme sacrées par les autochtones
et qui sont utilisées comme offrande au Grand-Esprit ou
pour se purifier. La sauge dans ce cas, peut-être
utilisée seule ou mêlée aux autres herbes sacrées qui
sont le tabac, le foin d'odeur et le cèdre.
Je crois qu'il est très important de ne pas
mélanger magie et spiritualité amérindienne. Les deux
ne vont pas nécessairement ensemble et il est faux de
penser qu'on peut appliquer la magie à toutes nos
traditions.
Il existait autrefois deux catégories de
"sacs-médecines". Les sacs individuels et les
sacs appartenant à une tribu ou à un clan. Selon
l'anthropologue Larry J. Zimmerman"... le
sac-médecine est une sacoche contenant des objets
sacrés auxquels se rattachent certaines significations
et certains souvenirs et censés être la source
"médecine" (force spirituelle) pour un
individu, un clan ou une tribu."
Dans le cas des sacs individuels la fabrication était
généralement révélée à un individu lors d'un rêve
ou d'une vision. Chez les Indiens Crow par exemple, une
personne ayant rêver d'un castor, fabriquera son sac de
la peau de cet animal. Elle y placera différents objets
tels, des os, des pierres, des griffes ou des herbes dont
elle croit qu'ils pourront renforcer son pouvoir spirituel
et sa capacité de communiquer avec le Créateur. Le
contenu du sac individuel pouvait, comme les détails
d'un récit, être modifié à l'occasion selon les
nouvelles révélations reçues par les possesseurs. Le
"sac-médecine" individuel devait rappeler à
son propriétaire la relation personnelle qu'il
entretenait avec le monde des esprits.
Le "sac-médecine" pouvait être porté autour
du cou ou encore être cousu sur les vêtements. Par
contre en Colombie Britannique, certaines tribus
accrochaient le sac à l'endroit où dormait son
possesseur, il devait ainsi exercer une forte influence
sur les rêves.
Chez les Blackfeet, les femmes avaient la garde des
"sacs-médecine". Elles étaient les seules a
pouvoir les ouvrir pour confier momentanément les objets
sacrés aux hommes. De même, les Motowolon (hommes ou
femmes ayant le pouvoir de communiquer avec les esprits)
chez les tribus Malécites avaient avec eux des sacs de
guérisseurs contenant des os, des cailloux, des
figurines sculptées et d'autres objets sacrés.
Certaines tribus possédaient aussi des
"sacs-médecines" communautaires qui étaient
transmis de générations en générations. Un de ces
sacs appartenant aux indiens Pawnees appelé
"SKIDIS" était censé contenir le crâne du
premier homme. Lorsque le crâne se brisa, il fut
remplacé par celui d'un chef renommé. L'importance de
nombreuses sociétés religieuses étaient fonction du
"sac-médecine" confié à leur garde par un
clan ou une tribu.
S'il est vrai que les temps ont changé, certaines
traditions tendent à rester présentes parmi nous pour
que nous puissions les transmettre à nos enfants. Le
"sac-médecine" en est un bon exemple. Pour
ceux d'entre vous qui auraient le goût de posséder un
de ces sacs, il y a toujours les artisans et les
boutiques spécialisées. Mais pour qu'il soit
authentique et qu'il remplisse vraiment ses fonctions il
faudra le fabriquer vous même... selon la tradition!!!
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