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Tahca Ushte (Lakota) :
Ne faites pas de mal aux arbres, ni à la terre, ni à
la mer!
Cadete (Apache) :
Vous, les Blancs, dès votre enfance vous apprenez à
travailler dur et, devenus des hommes, vous construisez des
villes et toutes sortes de choses magnifiques. Et puis vous
mourez, laissant tout cela derrière vous. Nous appelons cela de
l'esclavage. Nous, les Indiens, nous sommes libres comme l'air.
Les rivières, les bois, les plaines nous donnent tout ce dont
nous avons besoin. Nous ne voulons pas devenir des esclaves.
Cochise (Apache) :
Parlez-nous franchement, que vos paroles atteignent notre
coeur comme la lumière du soleil.
A. Etcitty (Dineh) :
On m'a appris que c'était une chose juste de posséder
ce que l'on a. Mais si on commence à avoir trop, cela montre que
l'on ne se préoccupe pas des siens comme on le devrait. Si l'on
devient riche, c'est qu'on a pris des choses qui appartiennent à
d'autres. Prononcer les mots "Indien riche" revient à
dire "eau sèche".
Luther Ours Debout (Lakota) :
Les vastes plaines ouvertes, les belles collines et les eaux qui
serpentent en méandres infinis n'étaient pas sauvages à nos
yeux. Seul l'homme blanc trouvait la nature "sauvage",
et pour lui seul la terre était "infestée d'animaux
sauvages" et de "peuplades sauvages". A nous la
terre paraissait douce; nous étions comblés des bienfaits du
Grand Mystère.
Conseil des Haudenosaunee, 1977 :
Il faut que les peuples qui vivent sur cette terre dépassent le
concept étroit de "libération de l'homme" et qu'ils
commencent à voir que cette libération doit être étendue à
l'ensemble du monde naturel. Ce qu'il faut, c'est libérer toutes
choses qui entretiennent la vie - l'air, l'eau. les arbres, tout
ce qui entretient la trame sacrée de la vie.
Alvin Josephy :
L'Indien a survécu, posant au conquérant Blanc un défi que
beaucoup de non-Indiens, en particulier aux Etats-Unis, ne tolèrent
pas facilement, même s'ils la comprennent: ils demandent de
rester Indiens. Ce droit implique au fond le droit d'être différent,
ce qui aux Etats-Unis va à l'encontre de l'orientation générale
de la société majoritaire. Idéalement, le rêve américain
confère l'égalité des chances, mais pratiquement ce processus
s'inscrit dans le cadre de l'objectif général qui consiste à
supprimer les différences. Les Indiens, s'accrochant à ce qui
leur semble leur convenir le mieux, ont résisté instinctivement
aux mesures visant à leur faire abandonner ce qu'ils veulent préserver
et à adopter ce qu'ils ne tiennent pas à acquérir. Tel a été
- et tel est toujours - l'élément essentiel de ce qu'on appelle
le problème indien aux Etats-Unis.
Chef Seattle :
Comment peut-on acheter ou vendre le ciel,
la chaleur de la terre;
cette idée nous semble étrange;
la fraîcheur de l'air et le scintillement
de l'eau ne nous appartiennent pas.
Comment pouvez-vous nous les acheter ?
Chaque parcelle de cette terre est sacrée
pour mon peuple, chaque aiguille
de pin luisante, chaque rive sableuse,
chaque brume dans les bois sombres,
chaque clairière ou chaque insecte
bourdonnant est sanctifié dans la mémoire
et l'expérience de mon peuple;
la sève qui court à travers les arbres,
charrie les souvenirs de l'homme rouge.
Nous faisons partie de la terre, et
elle fait partie de nous.
Les fleurs parfumées sont nos soeurs;
le cerf, le cheval, le grand aigle,
ceux-là sont nos frères.
Les crêtes rocheuses, les sucs de
la prairie, la chaleur du corps du cheval
sauvage et l'homme, tout cela appartient
à une même famille.
L'eau étincelante qui court dans
les torrents et les rivières, n'est pas
que de l'eau mais le sang
de nos ancêtres.
Si nous vous vendons notre terre,
vous devrez vous souvenir qu'elle est
sacrée et que chaque reflet dans l'eau
limpide des lacs parle des évènements et
des traditions qui ont marqués la vie de
mon peuple.
Le murmure de l'eau, c'est la voix
du père de mon père.
Les rivières sont nos soeurs, elles
étanchent notre soif, elles portent nos
canoës, et nourrissent nos enfants.
Si nous vous vendons notre terre,
il faudra vous en souvenir;
et il faudra apprendre a vos enfants que
les rivières sont nos soeurs et
les vôtres, et désormais vous devrez
donner aux rivières la tendresse qu'on
accorde à toutes soeurs.
Dans les villes de l'Homme Blanc il n'y a
pas de coin tranquille, nulle part on ne
peut y écouter bruire les feuillages du
printemps ou le froissement d'ailes des
insectes, mais peut-être est-ce pour cela
que je suis un sauvage et ne comprend pas.
Le fracas me semble insulter mes oreilles,
et qu'y-a-t-il dans la vie d'un homme,
s'il ne peut écouter le cri solitaire
d'un engoulevent ou les discussions des
grenouilles autour d'un étang, la nuit ?
Je suis un Homme Rouge et
je ne comprend pas;
l'indien préfère le bruit subtil du vent
qui ride la surface d'un étang et l'odeur
du vent, purifié par la pluie de midi ou
parfumé par le pin pignon.
L'air, l'air est précieux à l'Homme Rouge,
parcequ'il sait que toute chose partage le
même souffle; la bête, l'arbre et l'homme.
Ils partagent tous le même souffle.
Tatanka Yatanka (Sitting Bull) :
"Il y a chez vous des personnes richissimes et des personnes
qui souffrent de la faim. Chez nous, si quelqu'un a faim c'est
parce que nous sommes tous affamés. Chez vous un homme est
d'autant plus important qu'il peut étaler le plus de
possessions, d'avoir, chez nous un homme compte par ce qu'il est
et ce qu'il donne. Moi je suis trés important parce que malgré
mes pouvoirs, je ne possède rien..."
Rencontre de trois Hurons avec le roi de France en 1562 rapportée
par Montaigne :
"...Les sauvages furent trés étonnés en constatant que
parmi les français, il y avait des hommes repus et pourvus de
tout le confort tandis que d'autres mendiaient à leur porte, décharnés
et affamés, et qu'ils supportaient de telles injustices sans égorger
les riches et incendier leurs
maisons..."
Sitting Bull :
«Voyez Mes frères, le printemps est venu ; la terre a reçu l'étreinte
du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour!
Chaque graine s'éveille et de même chaque animal prend vie.
C'est à ce mystérieux pouvoir que nous devons nous aussi notre
existence ;
c'est pourquoi nous concédons à nos voisins, même à nos
voisins animaux,
le même droit qu'à nous d'habiter cette terre.
Pourtant, écoutez-moi, vous tous, nous avons maintenant affaire
à
une autre race, petite faible quand nos pères l'on rencontrée
pour la première fois, mais aujourd'hui grande et arrogante.
Assez étrangement, ils ont dans l'idée de cultiver le sol et
l'amour de posséder est chez eux une maladie.
Ces gens-là ont établi beaucoup de règles que les riches
peuvent briser
mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres
et
les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent.
Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour leur propres
usages
et se barricadent contre leurs voisins ; ils la défigurent
avec leurs constructions et leurs ordures.
Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort
de son lit et détruit tout sur son passage.
Nous ne pouvons vivre côte à côte.»
( Discours prononcé en 1875 )
Black-Elk :
«La deuxième paix est celle qui se crée entre
deux individus, la troisième est celle qui
soude deux nations.
Mais au-dessus de tout cela il vous faut
comprendre que la paix ne sera pas possible
entre les nations tant qu'on ne sera pas
convaincu que la véritable paix
- comme je l'ai souvent dit -
se trouve au coeur même de l'âme humaine.»
Chef Joseph :
«Tous les hommes ont été créés
par le même Esprit Divin.
Nous sommes tous frères.
Notre terre est la mère de tous les êtres humains,
et tous devraient bénéficier de ses bienfaits
de manière égale.
Je sais que nous autres, Indiens, devons changer...
Nous voulons seulement avoir les mêmes droits que
les autres hommes, nous voulons être comme faisant
partie de l'humanité.
Et lorsque l'Indien sera traité par l'homme blanc
comme tout autre être humain, alors nous ne
connaîtrons plus la guerre.
Nous aimerions être les enfants d'une même et seule
famille sous un seul et unique ciel entouré du même
pays, et nous prions pour que cela advienne.»
Standing Elk ( Lakota ) :
Nous sommes en danger. On nous a dérobé notre héritage sacré
et spirituel, la clé de notre survie. Nous devons réagir et
protester d'une seule voix contre ceux qui veulent usurper notre
patrimoine en leur disant : « Vous ne pourrez en jouir ni
maintenant ni demain, jamais ! »
Arvol Looking Horse : ( Sioux
Lakota, appartenant à la dix-neuvième génération des Gardiens
de la Pipe sacrée )
Ce que les Ancêtres de la nation lakota ont prophétisé
en leur temps a une importance capitale quant au futur de Notre Mère
la Terre. Ces prophéties ont été transmises de manière
courageuse, méthodique et fidèle à travers les générations.
Actuellement, notre nation est parvenue à un point critique de
son développement spirituel, moral et technologique. L'équilibre
vital de notre monde est devenu précaire.
Nous devons garder en mémoire que tout ce qui vit ici bas est,
de façon complexe, relié spirituellement.
Selon la prophétie lakota, l'âge pour la reconstruction du
Cercle sacré de toutes les nations a commencé.
Puissions-nous nous inspirer du savoir, de la sagesse et des
traditions de nos peuples afin de retrouver l'essence divine et
le courage nécessaires pour soigner et guérir.
Frank Fools Crow : ( Chef
cérémoniel des Tetons Lakotas, homme médecine, années 70 )
--- Au printemps 1976, mon vieux désir de voir la Pipe
sacrée s'est enfin réalisé. Je me rendais à Green Grass pour
la quatrième fois. Le Gardien a ouvert l'étui de la Pipe et je
l'ai vue. Je n'en ai jusqu'ici parlé à personne. Il y avait
beaucoup de monde autour de l'édifice où est gardée la Pipe
sacrée, mais on m'a fait entrer seul et j'ai prié en gardant ma
main sur l'étui.
On l'a ensuite ouvert pour moi. En voyant la Pipe, je me suis
littéralement affaissé intérieurement. Je me suis senti
humble, pathétique, pitoyable. Je ne sais pas combien de temps
j'ai contemplé la Pipe exposée et je n'aime pas en parler. Je
crains tout simplement encore son pouvoir sacré.
Je me souviens de ce qui est arrivé à l'un de nos hommes-médecine
qui avait divulgué des choses qu'il aurait dû taire.
--- Pour que le monde survive, nous devons partager ce que
nous avons et travailler ensemble. Sinon, le monde entier mourra...
Ceux qui se plaignent de la divulgation des secrets de médecine
et en parlent le plus sont toujours ceux qui en savent le moins.
--- Le pouvoir et ses usages nous sont donnés pour que
nous les transmettions à d'autres. Penser ou agir autrement est
pur égoïsme. Nous ne les gardons et n'en obtenons davantage
qu'en les donnant, et si nous ne les donnons pas, nous les
perdons.
Oren Lyons ( Iroquois onondaga, années 80 ) :
L'homme croit quelquefois qu'il a été créé pour dominer, pour
diriger. Mais il se trompe. Il fait seulement partie du tout. Il fait seulement partie du tout. Sa fonction ne consiste pas à exploiter, mais à surveiller, à être un régisseur. L'homme n'a ni pouvoir, ni privilèges, seulement des responsabilités.
Leon Shenandoah ( Iroquois, années 80 ) :
--- Si vous, les hommes blancs, n'étiez jamais venus ici,
ce pays serait encore tel qu'il était autrefois. Tout y aurait
conservé sa pureté originelle. Vous l'avez qualifié de
sauvage, mais en réalité il ne l'était pas, il était libre.
Les animaux ne sont pas sauvages, ils sont seulement libres. Nous
l'étions aussi avant votre arrivée. Vous nous avez traités de
sauvages, vous nous avez appelés barbares, non-civilisés. Mais
nous étions seulement libres !
--- Lorsque les gens ne respecteront plus rien de ce qui
existe et n'exprimeront plus leur gratitude au Créateur, alors
toute vie sera détruite, et la vie humaine sur cette planète
touchera à son terme. Voilà ce qui risque d'arriver
aujourd'hui, et nous sommes tous responsables.
Chaque être humain a le devoir sacré de veiller sur la santé
de Notre Mère la Terre, parce que c'est d'elle que provient
toute vie. Afin d'accomplir cette tâche, nous devons reconnaître
l'ennemi - celui qui se trouve à l'intérieur de chacun de nous.
Nous devons commencer par nous-mêmes.
Nous devons vivre en harmonie avec le monde naturel, et prendre
conscience que sa surexploitation ne peut conduire qu'à notre
destruction. Nous devons nous plier à la loi naturelle, ou subir
les conséquences de sa rigueur.
Buffalo Jim ( Séminole, années 80 ) :
La Terre est comme un animal. Quand un animal est malade, il a
des contractions et des soubresauts. Au moment de mourir, il
s'agite encore plus violemment, tout son corps est pris de
convulsions. C'est ce que vous appelez les tremblements de terre
et les éruptions volcaniques. Vous verrez, cela a déjà commencé
à se produire, le monde a des contractions, des soubresauts et
des convulsions juste avant de mourir.
Chaman Eskimo s'adressant à Rasmussen (
explorateur et ethnologue ) :
La vraie sagesse se trouve loin des gens, dans la grande solitude.
On ne la trouve pas en s'amusant, mais en souffrant. La solitude
et la souffrance ouvrent l'esprit humain et c'est là que nous
devons chercher la sagesse.
Mathew King ( Sioux Oglala, années 80 ) :
Il est temps que les Indiens fassent connaître au monde ce
qu'ils savent... sur la nature et sur Dieu. Je vais donc vous
dire ce que je sais et qui je suis. Vous feriez bien de m'écouter.
Vous avez tellement à apprendre ! (......) Dieu a tout créé
d'une manière si simple. Nos vies sont très simples. Nous
faisons ce que nous voulons. La seule loi à laquelle nous devons
obéir est la loi naturelle, la loi de Dieu. Nous n'en
connaissons aucune autre. Nous n'avons pas besion de votre Eglise.
Les Black Hills sont notre Eglise. Nous n'avons pas non plus
besoin de votre Bible. Notre Bible, ce sont le vent, la pluie et
les étoiles. Le monde est une bible ouverte, et nous autres,
Indiens, l'étudions depuis des millions d'années. Nous avons
appris que Dieu dirige l'univers, et que tout ce qu'Il a créé a
reçu la vie. Même les pierres sont vivantes. Lorsque nous les
utilisons dans nos loges de sudation, nous leur parlons, et elles
nous répondent.
Black Elk ( homme-médecine Sioux Oglala, 1930
) :
--- Il y a longtemps, mon père m'a répété les paroles
de son père : une fois, un saint homme lakota appelé Drinks
Water rde ce qui devait se passer. Il rêva que les quatre-jambes
revenaient sur Terre et qu'une race venue d'ailleurs tissait une
êva toile tout autour des Lakotas. Et il dit : « Vous vivrez
dans des maisons carrées, grises, sur une terre infertile.... »
Parfois on en sait plus en rêve que lorsqu'on ne dort pas.
--- J'ai guéri avec le pouvoir qui passait à travers moi.
Bien sûr, ce n'était pas moi qui guérissait. C'était le
pouvoir venu de l'autre monde ; les visions et les cérémonies
avaient simplement fait de moi un trou à travers lequel le
pouvoir avait la possibilité de parvenir aux « Deux-Jambes ».
Si j'avais pensé que c'était ma propre action, le trou se
serait fermé et aucun pouvoir n'aurait pu passer. Tout ce que
j'aurais fait alors aurait été insensé.
Dennis Banks : ( Chippewa - déclaration
faite à l'occasion de la Course sacrée pour la Terre et la Vie,
été 1990 )
Aussi loin que peut remonter notre mémoire, les peuples indiens
ont toujours cru au grand cycle de l'homme. Ce cycle est sacré.
Toute vie est sacrée. Toute espèce vivante est sacrée : les
hommes, les animaux, les oiseaux, les insectes, les poissons, les
arbres, les pierres, les plantes sont sacrés. La Terre elle-même,
leur Mère à tous, est sacrée.
Avertissements des Anciens et des Sages de la
Nation Hopi : ( village d'Hortevilla, Arizona, 1993 )
Selon notre croyance, nous vivons actuellement dans le quatrième
et dernier monde. Nous avons atteint le point le plus critique de
l'histoire humaine. Nous sommes arrivés à un croisement, à un
point où les conséquences de nos actions doivent décider du
sort de toutes les espèces vivant sur notre planète. A l'aube
du quatrième âge, il fut révélé au peuple hopi qu'il devrait
observer les signes spécifiques qui indiqueraient le moment
crucial et décisif pour l'avenir de notre monde. Il nous fut également
donné des instructions afin de rétablir l'harmonie sur
toute la terre. Le message évoquait un voyage vers une grande
maison de verre qui se trouvait au loin sur la côte Est du
continent nord-américain. Là, se trouvaient tous les grands
chefs dirigeant le monde. Après s'être rendue sur ces lieux, la
nation hopi devait frapper à la porte de cette maison et
remettre son message aux différents chefs présents. Si l'entrée
leur était refusée, les Hopis devaient recommencer leur démarche,
à quatre reprises s'il le fallait. Depuis 1949, les Hopis sont
allés plusieurs fois frapper à la porte des Nations unies. La
quartième et dernière fois eut lieu en décembre 1991. Ayant reçu
une invitation officielle de la part des Nations unies, ce
rassemblement historique constitue pour les chefs spirituels de
notre nation l'accomplissement final de la prophétie.
Wilmer Mesteth : (
chef spirituel et traditionnel Lakota, juillet 1993 )
Je suis sensible au fait que des cérémonies à caractère sacré
sont plagiées et vendues par des non-Indiens ainsi que par
certains Indiens. Nous devons unir nos efforts afin que cela
cesse. Nous sommes les héritiers légitimes de ceux à qui ces céréminies
ont été révélées afin que notre peuple reste uni et fort. Il
nous a été enseigné la manière de protéger ce savoir et de
le transmettre à nos enfants et aux enfants de nos enfants. Cela
fait déjà trop de temps que nous assistons aux effets néfastes
que produisent ces abus sur notre peuple. Il est grand temps de réagir
et de prendre position afin de préserver notre patrimoine sacré.
Nous lançons un appel afin que cesse immédiatement ce
lamentable spectacle. Les gourous du Nouvel Age et les hommes-médecine
bon marché exploitent et singent sans scrupule nos cérémonies
les plus sacrées, et en donnent des représentations pâles et bâtardes.
La danse du Soleil, la loge à sudation, la quête de vision
ainsi que l'usage de la Pipe constituent l'héritage qui nous a
été légué par notre Créateur. Cet héritage a permis aux
nations indiennes de survivre à cinq cents ans d'holocauste ;
ces traditions sont précieuses et nous ne pouvons tolérer
toutes ces utilisations qui les désacralisent.
Walter Williams : ( homme-médecine
Winkte de la nation Lakota - Propos recueillis par Terry Calling
Eagle )
J'ai toujours rempli le rôle de Winkte ( mot lakota exprimant le
rôle et le caractère ambigu et alternatif « Homme-Femme »
dans un sens sacré. Désigné souvent à tort par les
anthropologues sous le terme « Bardache » ) au sein de notre
société. Je suis né ainsi. Autant que je m'en souvienne, j'ai
eu une vision à l'âge de huit ans : une personne m'apparut
portant de longs cheveux gris et de nombreux ornements. Elle se
tenait près de l'endroit où je dormais. Je lui demandai si elle
était homme ou femme : elle me répondit qu'elle était les deux
à la fois et déclara que dorénavant, elle marcherait à mes côtés
pour le restant de ma vie, que son esprit serait toujours auprès
de moi. J'ai rapporté tout cela à mon grand-père qui m'a
apprit à ne jamais craindre les esprits, parce que leur pouvoir
est bon. Un an plus tard, la vision réapparut et l'esprit me fit
comprendre que j'obtiendrais de grands pouvoirs. Il me dit aussi
que son apparence était celle d'un homme, mais que son esprit était
féminin. Il ajouta que le Grand Esprit avait conçu des
personnes comme moi afin de venir en aide aux autres. Je révélai
le nom de cet esprit à mon grand-père qui m'indiqua que celui-ci,
il y a longtemps, était un Winkte hautement considéré et
respecté de tous. Il m'expliqua clairement ce que signifiait le
terme Winkte et me déclara : « Ton éducation sera difficile
car tu seras toujours différent des autres. Mais cet esprit
t'aidera, à condition que tu pries et que tu pratiques la loge
à sudation ». Jusqu'à aujourd'hui, l'esprit ne m'a jamais
abandonné. Je dois être sérieux dans le rôle qui m'a été
confié afin d'inspirer le respect et la confiance à mon peuple.
David Gehue : ( conseiller spirituel
de la nation Micmac, 1993 )
Soyez votre propre guérisseur, et en tant que tel, aidez votre
famille en la guérissant pour qu'elle puisse à son tour aider
et guérir la communauté. Ainsi la communauté aidera à guérir
la nation et enfin les nations pourront aider à guérir le monde
entier. Toutes les prophéties se rejoignent et se complètent
les unes les autres. Il est temps pour nous tous de cesser
de nous faire des reproches réciproques. Chacun doit assumer ses
propres blessures et aller de l'avant afin que notre monde puisse
continuer à vivre, car comme nous le savons, son avenir repose
entre nos mains. Il faut nous imprégner de la connaissance et de
la sagesse de nos Anciens, nous devons nous mettre en quête pour
le bien de tous. Les pétroglyphes et les monuments naturels sont
une voie claire que le Grand Esprit nous a tracée. Cette
connaissance constitue notre héritage. Par l'honnêteté, le
partage, l'entraide et le respect des lois divines, nous
resterons fidèles à celui-ci. Sans ces valeurs, les autres ne
peuvent exister. Il est temps pour les mères, les pères, les
grands-mères, les grands-pères et les enfants de prendre en
considération la guérison de notre monde. Puisse cela vous
concerner aussi.
Homme-Médecine Sioux Winnebago :
--- Lorsque j'eus atteint l'âge de la puberté, mon père
me prit à part et m'ordonna de jeûner... Il m'assura que si je
jeûnais, je serais réellement saint et que rien sur cette terre
ne pourrait me nuire. Il me dit aussi que je vivrais très
longtemps et serais capable de soigner et de guérir les malades.
Il aimait sans cesse me redire : « Si tu ne jeûnes pas, nul
esprit ne viendra te bénir ».
--- Je viens d'en haut et je suis sacré. Ceci est ma
seconde vie en ce monde. De nombreuses années avant mon
existence actuelle je vivais sur Terre. A cette époque-là, nous
étions sur le sentier de la guerre. Je fus tué au cours d'une
expédition, mais il me parut seulement avoir trébuché. Je me
levai et allai droit devant moi jusqu'à ce que j'eusse atteint
ma demeure. Là, je trouvai ma femme et mes enfants, mais ils ne
voulurent pas me regarder. J'adressai alors la parole à ma
femme, mais elle ne sembla pas se rendre compte de ma présence.
« Qu'est-ce qu'il y a, me dis-je en moi-même, pourquoi ne fait-on
pas attention à moi et pourquoi ne me répondent-ils même pas
quand je leur parle ? » Tout à coup, il me vint l'idée que je
pouvais bien être mort. Je me dirigeai alors vers l'endroit où
j'avais probablement été tué et, bien sûr, je trouvai là mon
corps. Je compris pour de bon que j'étais « mort ».
Tania
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