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Les
théories et les pratiques des Indiens en pharmacologie et chamanisme ont
toujours été rejetées par les Américains, qui ont pourtant utilisé certains de leurs
remèdes, et les ont fait agréer par le corps médical en tant que découverte
scientifique.
Les médicaments Indiens n’étaient pas plus rationnels que ceux des Européens
au temps de leurs découvertes. Le nombre de "simples" ( plantes
originelles) employées par les Indiens était beaucoup plus important que
chez les européens. Bien que les méthodes des Indiens aient été souvent
remplies de superstitions et de pratiques surnaturelles, leurs méthodes
n’en étaient pas moins efficaces, et souvent très rationnelles.
Les
fractures, les piqûres, les blessures, irritations, et toutes les maladies
concernant le corps extérieur étaient traitées de façons très naturelles.
En cas de maladies internes persistantes dont la cause n’était pas
apparente, la coutume Indienne traditionnelle attribuait la maladie a des
agents surnaturels. Si les médicaments ordinaires n’amenaient pas la
guérison, on faisait alors appel au Chaman et à ses méthodes. Les
invocations, incantations, et danses, rythmées au son des crécelles
entraînaient la transe du Chaman qui partait dans l’au-delà afin de calmer
les entités malfaisantes qui avaient pris possession de la personne et
l’avaient rendue malade.
Pour
les Indiens il y avait trois causes de maladies : l’agence Humaine,
l’agence surnaturelle et les causes naturelles.
Parmi les causes
surnaturelles de maladies avouées par les Indiens, il y avait la
sorcellerie, la violation de tabous, la perte de l’âme et la possession.
Une autre cause de maladie importante, chez les Iroquois, était le désir
ou le rêve inaccomplis.
D’autres causes de maladies surnaturelles étaient
l’irrespect
envers les esprits des animaux qui prennent ainsi une revanche pour les
humiliations et les abus qu’on leur a fait subir.
L’irrespect du feu en urinant sur lui ou en jetant des abats
dedans ou en crachant sur lui amènerait le désastre sur la personne ou
sur la tribu.

Voici le récit qu’Elan
Noir (Black Elk), chef de la tribu des Sioux Oglala, fait de la première
guérison qu’il opéra grâce aux plantes :
“J’avais beaucoup pensé à la plante à quatre rayons que j’avais vue
deux fois déjà... Je savais que je devais avoir cette plante pour guérir.
(En compagnie d’Un-Côté), nous sommes arrivés au sommet d’une colline et
nous nous sommes assis, car je sentais que nous étions proches de
l’endroit où j’avais vu la plante croître dans ma vision du chien.
Après avoir chanté le chant (que
j’avais entendu dans la grande vision) j’ai regardé en bas du côté de
l’ouest et, là-bas, il y avait des corneilles, des pies, de jeunes faucons
et des aigles tachetés qui tournaient et tournaient.
Alors j’ai compris et j’ai dit à Un-Côté : ”Mon vieux, juste là,
c’est là que la plante croît”... Elle avait une racine longue à peu près
comme jusqu’à mon coude, et un peu plus épaisse que mon pouce. Elle
fleurissait en quatre couleurs, bleu, blanc, rouge et jaune. Après que
j’eus offert de l’écorce de saule rouge aux Six Pouvoirs, j’ai fait une
prière à la plante et lui ai dit : “Maintenant il nous faut aller de
l’avant vers ceux qui ont deux jambes, mais vers les plus faibles
seulement, et il y aura d’heureux jours parmi les faibles”.
A Grass Creek,
nous l’avons enveloppée avec de la bonne sauge qui poussait là.
J’ai allumé la pipe et l’ai offerte aux pouvoirs... J’ai pris la coupe
d’eau, j’en ai bu un peu et je suis allé vers le petit garçon malade.
Debout devant lui, j’ai frappé la terre quatre fois. Puis mettant ma
bouche dans le creux de son estomac, j’ai soufflé à travers lui le vent
purificateur du nord. Ensuite, j’ai mâché un peu de la plante que l’ai
mise dans l’eau et j’en ai soufflé un peu sur le garçon et aux quatre
quartiers... Puis j’ai dit à la vierge d’aider le garçon à se lever et de
marcher avec lui autour du cercle, en commençant au sud, la source de la
vie. Puis
je m’en suis allé.”
Extrait de "Elan Noir parle" de John Neihardt aux éd. Le Mail

Les plantes sacrées
Elles opèrent selon la loi des semblables et selon des règles très
précises. Elles doivent être l’objet d’un grand respect. “Quand vous
recherchez une plante pour des soins, vous devez prier en face d’elle pour
demander sa vie. La femelle est toujours celle qui donne des graines.
Respectez celles qui donnent des semences, celles qui donnent la
vie.”(Archie Fire lame Deer,
Inipi le chant de la terre, Ed L’Or du temps)
Le tabac est la plante des offrandes.
Sa fumée lorsqu’elle sort de la pipe sacrée permet de communiquer avec le
créateur (Wakan Tanka), le
Grand Esprit divisé en seize esprits aux pouvoirs différents. Insufflé
dans l’oreille, il peut en calmer les maux. Mélangé à certaines baies, il
permet d’arrêter les hémorragies. Les Lakotas l’alliaient à l’écorce
d’aulne rouge pour confectionner leur tabac de cérémonie.
La sauge est utilisée dans la plupart
des rituels pour ses pouvoirs de purification. Elle peut être utilisée de
mille façons. On en calfeutre les portes et on l’étale par terre pour
rendre l’endroit sain. Enroulée autour d’une plante, elle lui conserve son
pouvoir thérapeutique sacré. Alliée à la chaleur de la hutte à sudation,
elle soigne les problèmes respiratoires et les rhumes tandis que la menthe
soignera les maux de tête.
Le
cèdre et ses feuilles vert foncé
sont également très purificatrices. Ils permettent d’éloigner les ondes
négatives.
La
flouve odorante (sweet grass) éloigne les esprits négatifs grâce
à son parfum qui ressemble au miel. Elle est utilisée dans nombre de
rituels. Une tresse de flouve peut être accrochée à la pipe sacrée.
Pour
le système nerveux, on utilisait la racine de valériane, le gui et la
lobélie
Pour
les maux d’estomac, on utilisait la camomille, le fenouil et différentes
sortes de menthe.
Pour
les troubles menstruels, on utilisait la myrte et le pouliot
En
guise d’analgésique, on utilisait le cathère ou herbe aux chats,
le saule noir et la violette...
Source : Pierre Falaise / Nadove
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