La Médecine Amérindienne

Introduction

Il y a plusieurs années, avant que l’homme blanc vienne, les Amérindiens avaient leur propre médecine naturelle. Ils se guérissaient par de simples plantes ou même par l’esprit grâce aux masques et aux chamanes. Même quand l’homme blanc est arrivé, ce sont les Amérindiens qui les ont aidés à passer l’hiver grâce à une simple tisane qui permettait de guérir une maladie fortement meurtrière, le scorbut. Dans cette recherche sur la médecine, nous allons vous parler de plusieurs méthodes de guérison, soit par les plantes, soit par le chamanisme. Nous allons également vous conter la légende de l’origine de la médecine et aussi d’une société de faux visages.



Légende des Origines de la Médecine

Jadis, bien avant que le premier monde habité soit couvert d’eau, les hommes et les bêtes étaient amis. Malheureusement, après que le rat musqué et Napiwa, le vieil homme, aient fait l’île flottante, les hommes s’accouplèrent si vite qu’ils prirent la place des animaux.

Les animaux, n’ayant plus de place, décidèrent d’aller habiter plus loin, là où les hommes n’y sont pas. L’élan alla s’abriter dans les bois humides du côté d’où arrive l’hiver. Le bison décida d’aller dans la grande plaine. L’antilope, le loup et l’ours gris le suivirent. Quant au mouflon et la chèvre sauvage, ils allèrent dans la montagne. Les petits animaux quant à eux, décidèrent d’aller se loger sous le sol. Par la suite, les hommes et les bêtes arrêtèrent de se parler et de se comprendre.

Ce fût pire lorsque les hommes inventèrent les armes. Avant de s’en servir contre eux même, ils les utilisèrent sur les animaux. Les hommes se mirent à tuer leurs anciens amis pour se nourrir de leur chair et se vêtir de leurs peaux. La violation de cette ancienne paix appelait vengeance.

Les premiers à s’être réunis sont les ours. Leur chef, grand ours blanc, invita ses confrères à annoncer la guerre aux hommes. Les jeunes ours voulaient attaquer les hommes immédiatement. Grand ours blanc les persuada d’attendre, le temps qu’ils soient prêts. Par la suite, grand ours blanc réalisa qu’ils n’étaient pas armés. Les ours proposèrent des arcs et des flèches. L’un dit :« nous pourrions très bien en avoir nous aussi. Nous savons de quel bois ils sont fabriqués et de quelles pierres pointues les hommes se servent. » Les jeunes ours décidèrent de s’armer. Ils allèrent chercher des bois de frêne et des pierres de silex. Par la suite, l’un des ours se sacrifia pour faire don de ses tendons. Une fois armés, les ours se pratiquèrent au tir. Ils virent que leurs griffes les gênaient et les empêchaient de tirer droit. Un des ours proposa de les couper. Grand ours blanc les convainquit que ça n’avait pas de sens puisqu’il leur serait impossible de se nourrir. Ils ne pourraient plus grimper aux arbres, déchiqueter les troncs d’arbres pourris où se cachent les fourmis. Grand ours blanc se mit à penser comment ils pourraient vaincre les hommes.

Après mûres réflexions, il en vint à la conclusion que les hommes seraient toujours plus forts que les ours et qu’une guerre serait désastreuse. Grand ours blanc proposa donc aux autres ours que lorsqu’un homme tuerait un ours avec la force des armes, il devrait lui faire ses excuses et faire un sacrifice de tabac à son esprit. Que ceux qui manquent à ce devoir, souffriraient d’un mal si atroce qu’ils ne pourraient plus marcher. Tous les ours consentirent à cet arrangement.

Les poissons et les reptiles se réunirent par la suite en un conseil. Ils décidèrent que lorsqu’un homme tuerait l’un des leurs, les plus laids d’entre eux visiteraient les hommes dans leur sommeil. Les victimes devraient ensuite payer très cher les chamans qui les débarrasseraient de ces cauchemars.

Les insectes cherchaient aussi un moyen de punir les hommes qui bien souvent les tuaient sans même les regarder. Ce fut le pou qui proposa à ses frères de donner aux hommes toutes les maladies qu’ils rencontreraient.

Les plantes ayant des espions partout étaient au courant des complots que les animaux préparaient. Après que les animaux finirent de choisir leurs vengeances, elle se réunirent à leur tour. Toutes étaient présentes sauf la plante qui pique et celle qui empoisonne Toutes décidèrent de rester amis avec les hommes et de les aider. Le jeune hêtre promit de garder ses feuilles tout l’hiver afin qu’on puisse en faire un remède contre l’eczéma, le groseillier de guérir l’inflammation des poumons avec la sève de ses racines, le genévrier promit d’arrêter les palpitations du cœur, quant à l’oignon des bois, il guérira l’asthme et l’épicéa noir, le scorbut.

Par la suite les plantes décidèrent que lorsqu’un chaman aurait à soigner une maladie inconnue, il n’aurait qu’à consulter l’esprit des plantes et qui guiderait son choix.



Les Masques

Les Iroquois de la région à l’Est des grands lacs, fabriquaient des sortes de faux visages (masques) ; les plus connus sont ceux qui ont les cheveux tressés avec des feuilles de maïs, et les masques de bois sculptés de la société des faux visages. Les yeux étaient creusés en profondeur. Ensuite les Amérindiens incrustaient des plaques de métal luisantes et ils fabriquaient de grands nez croches. Ces masques ne sont pas que de simples objets à guérir des maladies, ils sont également de superbes objets d’art. Les Iroquois passaient beaucoup de temps à confectionner ces masques. Certains sont effrayants, d’autres ont de grandes bouches aux lèvres droites alors que certains ont des bouches difformes dont un coin ou deux sont relevés ou tordus produisant avec le nez crochu qui les accompagne, un effet terrifiant.

Le nez et la bouche sont souvent ce qu’on voit le plus, mais il reste un détail d’une grande importance : les cheveux. La plupart des masques ont de longs cheveux fait à partir de queues de cheval noires ou blanches.

Les Amérindiens les sculptaient à même l’arbre. Ils utilisaient généralement du tilleul pour faire leurs masques. Cet arbre de bois blanc est facile à travailler mais ils pouvaient aussi utiliser de l’érable, du pin ou du peuplier. Ce n’est qu’une fois presque terminé qu’ils enlevaient le masque de l’arbre.

Les Amérindiens croyaient que lorsque l’on sculptait un masque, on invoquait les forces spirituelles. Une autre croyance voulait que l’on alimente l’esprit du masque en brûlant du tabac. Lorsque l’un des membres de la société curative des faux visages sculptait un masque il se servait du tabac pour appeler les faveurs de l’esprit qui l’habite. La forme particulière de l’esprit est révélée au sculpteur grâce aux invocations et au tabac brûlé. Ils peignaient leurs masques en rouge ou en noir. S'il commençait le masque le matin, il le peignait en rouge et l’après midi, il le peignait en noir. Cette croyance veut que le premier faux visage suive quotidiennement le même parcours que le soleil. Selon la croyance, les masques rouges avaient plus de pouvoir. Les membres faisaient aussi des masques divisés en deux, dont l’une des deux moitiés est peinte en rouge et l’autre en noir. Ces masques représentaient un être dont le corps est divisé en deux. Ils se servaient de ce masque pour une personne paralysée.

Tout ceux qui ont été guérit deviennent membre de la société. Par tradition, la plupart de ces cérémonies curatives se déroulaient en privé pour obtenir de meilleurs effets. Cependant, durant la fête de la mi-hiver, il y avait des cérémonies publiques pour ceux qui avaient déjà guéri. Les Amérindiens considéraient ce rite essentiel pour prévenir une rechute. Après cette fête, les membres de la société curative des faux visages répandaient de la cendre sur les malades guéris afin d’éloigner les démons de la maladies.

La société curative des faux visages faisait partie intégrante du système des croyances iroquoises. La société cherchait à guérir le plus de personnes possibles pour qu’ainsi elles puissent devenir membres à leur tour augmentant du même coup la population de cette société et aussi leur pouvoir de guérison.



Le Chaman

Plusieurs peuples Amérindiens avaient dans leurs tribus un homme qui selon eux était doté de pouvoirs. Cet homme était le chaman.

Le chaman était un homme qui pouvait parler avec les morts et comprendre les rêves. Pour qu’un homme puisse devenir un chaman, il doit passer une épreuve. Cette épreuve est une longue période de jeûne où l’homme doit rester à l’écart de toute personne excepté une qui lui apporte du bois pour se chauffer. Cette période de jeûne dure environ un mois. Le chaman reste dans une petite maison où il doit essayer de prendre contact avec les esprits.

Le chaman ne guérit pas n’importe quelle maladie. Lorsque cette maladie est naturelle et peut se soigner à l’aide de plantes, l’amérindien se soigne tout seul. Cependant, lorsque la maladie est inconnue, c’est là que le chaman intervient. Les hurons croyaient que certaines maladies étaient causées par le désir insatisfait de l’âme, alors le chaman devait trouver ce désir et le combler. La croyance veut que lorsque le désir est comblé, la maladie disparaisse du corps du malade.

Le chaman guérit également les mauvais sorts. Selon les croyances, les mauvais sorts étaient jetés par un ennemi, alors le rôle du chaman était de faire sortir le mauvais sort de la personne et ainsi guérir la maladie inconnue qui vivait à l’intérieur du malade.


Les Plantes Médicinales

Il y a de cela quelques centenaires, les coureurs des bois ne pouvaient conter sur eux seuls pour guérir leurs blessures ou leurs maladies. Les Européens ont retenu pour usage médicinal les trois plantes suivantes:
LE FRAMBOISIER, LA BERCE TRÈS GRANDE et LE FRAISIER DES CHAMPS.

LE FRAMBOISIER

Les framboises sont des fruits très rafraîchissants, laxatifs, et légèrement diurétiques. Les Européens ont retenu, pour usage médicinal, les feuilles et les fleurs. Celles-ci possèdent des vertus diurétiques, dépuratives, astringentes, emménagogues, et antiscorbutiques. Le fruit est rafraîchissant et tonique.

En Amérique du Nord, les différentes tribus ont utilisé les racines et les tiges du framboisier. Les Hurons et les Algonquiens luttaient contre la dysenterie avec une décoction des racines. Une association de l'écorce interne du framboisier avec celle du rosier sauvage, servait à combattre les inflammations des yeux ainsi que les cataractes. Les propriétés ophtalmiques du framboisier étaient connues de la plupart des tribus amérindiennes. Ils préparaient aussi une tisane concentrée de feuilles pour favoriser le travail durant l'accouchement.

LA BERCE TRÈS GRANDE

Cette grande et robuste ombellifère est caractéristique des régions froides et humides du Canada. La Berce très grande a été longuement utilisée pour ses vertus médicinales par une seule tribu amérindienne, les Hurons, qui connaissaient la plante sous le nom de "Poglus". Ils auraient employé la plante avec grand succès pour combattre la grande épidémie de grippe espagnole en 1918. Les propriétés de la Berce très grande sont: aphrodisiaque, calmante, digestive, carminative, antirhumatismale, hyposensitive, stimulante et résolutive.

Les Européens possédaient eux aussi une plante comme la Berce. Elle était utilisée pour combattre l'épilepsie. L'espèce européenne possèderait aussi des vertus aphrodisiaques relevées par le docteur Leclerc. Les fruits seraient un hypotenseur doux et sans danger pour le muscle.

LE FRAISIER DES CHAMPS

Les fraisiers sauvages sont des plantes connues de tous les Amérindiens. Leurs fruits sont parmi les plus délicats et ils sont consommés depuis la préhistoire. Les Hurons, les Mohawks et la majorité des autres tribus amérindiennes les consommaient frais ou séchés. Les Iroquois célébraient d'une façon particulière la première récolte de fraises. Le jus de fraises préparé à même la bouche d'un individu était craché sur la tête de ceux et celles qui désiraient la santé et la prospérité. Ses propriétés: astringente, dépurative, diurétique, hypotensive, laxative et tonique.

La fraise est un aliment d'une grande richesse en sels minéraux, ce qui la rend particulièrement utile aux anémiés et aux tuberculeux. Les personnes souffrant d'arthrite ou de rhumatisme pouvaient tirer parti des propriétés diurétiques et laxatives de ce petit fruit. Les feuilles et surtout les racines, riches en tannin, sont depuis fort longtemps utilisées contre les diarrhées et les entérites.



Conclusion

Vous en savez maintenant plus sur les méthodes de guérison des Amérindiens. Ils ne se guérissent pas seulement à l’aide de plantes et leurs croyances changent avec chaque nation. Nous espérons que ce texte vous a permis d’en savoir plus sur cette grande race que sont les Amérindiens.


Bibliographie

BERTHIAUME, André, Jacques Cartier, Les grandes figures, 1996, 166 pp.
JACQUIN, Philippe, Les Indiens Blancs, Libre Expression, 1996, 284 pp.
LACOURSIÈRE, Jacques, Épopée en Amérique, Publicor, 1998, 400 pp.
ORACLE, La société curative des faux visages, Affaires Indiennes et du Nord Canadien.
LAMARCHE, Jacques, Le Québec de 1534 à 1739, Montréal, La mémorial du Québec, 1980, 375pp, coll. du Mémorial.
MÉLANÇON, Claude, Légendes indiennes du Canada, Ottawa, Du Jour, 1967, 159pp.


Guillaume Champoux, Anthony Bélair, Simon Bédard



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