Source: La piste amérindienne: http://www.autochtones.com/fr/
http://www.seminaire-sherbrooke.qc.ca/hist
| La spiritualité occupait une grande place dans la vie des tribus
amérindiennes. Les Amérindiens croyaient que toute chose était habitée par de
puissants esprits. Dans leurs activités quotidiennes comme dans les rites,
leur comportement et leurs croyances témoignaient d’un immense respect envers
la nature et le monde qui les entourait. Les Amérindiens vivaient selon trois
pratiques importantes dans leur vie de tous les jours ; les mythes, les
croyances et pratiques religieuses puis, finalement les légendes. Ainsi, à la
fin de cette recherche, le lecteur comprendra mieux le patrimoine amérindien.
Il enrichira sa culture personnelle tout en acceptant les différences
ethniques. |
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Les mythes
Le spirituel imprègne toutes les activités du peuple. Il prend
toutefois des dimensions plus solennelles à certaines occasions. Le calumet de
paix était un outil spirituellement vénéré par les Amérindiens. Les calumets
étaient utilisés seulement pour confirmer l’amitié, demander aux esprits
d’éclaircir le jugement de quelqu’un afin qu’il puisse parvenir à prendre de
sages décisions. Il était aussi utilisé comme gage de paix entre différentes
factions en temps de guerre. Pour les Amérindiens, le calumet était, et est
encore, respecté et honoré et n’est pas utilisé comme d’autres sortes de pipes
qui ne servent que pour le plaisir de goûter le tabac, et encore moins avec
l’additif qui y est ajouté aujourd’hui à travers le monde. On parle du
cannabis et autres drogues douces utilisées seulement pour l’effet. Chez les
Indiens, le fait de fumer le calumet cérémoniel représente une manifestation
spéciale de la communication avec le monde des Grands Esprits.
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Pour les premières nations, la vénération de la nature occupe une
grande place dans la vie spirituelle. Elles comprennent et respectent les
multiples esprits de la nature. Les nations autochtones ont une spiritualité
bien vivante qui repose sur la communication profonde de l’être humain avec
les différents aspects de la vie animale, la nature et la terre mère. Ces
relations homme-animal font partie de la spiritualité des nations et elles
sont un éloquent témoignage de la culture ancestrale des autochtones. Chez un
amérindien mâle, la chasse et la pêche sont des occasions parfaites pour
entretenir des relations avec les esprits des animaux. La chasse n’était pas
un sport, elle représentait un exercice de spiritualité traduisant un profond
respect des ressources naturelles. |
| Pour maintenir de bonnes relations avec les animaux, les
chasseurs doivent remercier leur proie et mettre en oeuvre des rituels. Dans
ces derniers, les chasseurs doivent assurer à l’animal que sa mort est
nécessaire pour la survie du peuple et non pour le simple plaisir de
l’abondance. L’homme peut entrer en contact avec les animaux et ensuite
pénétrer leur âme par des moyens spirituels, tels le jeûne, les médecines et
les rituels. Pour sa part, l’animal établit le contact avec l’homme par des
rêves et des visions. Aux yeux des Amérindiens, lorsqu’ils choisissent leur
totem, les animaux ont diverses formes et diverses significations. L’ours, par
exemple, est un synonyme de puissance et de force. Ainsi, la majorité des
animaux et des végétaux sont synonymes de quelque chose. Il est important de
mentionner que les Amérindiens ne représentaient jamais, pour leur totem, un
animal qu’ils chassaient par respect pour ceux-ci. Mais outre la chasse et la
pêche, les animaux sont aussi très présents dans l’imaginaire, dans les contes
et dans la tradition orale des autochtones. |
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Entre tous ces éléments, la
recherche de l’équilibre et le maintien de l’harmonie devient des
préoccupations de tous les jours qui orientent et conditionnent la vie et les
actions de tous. Le cercle constitue une approche globale de la compréhension
de la vie et des êtres vivants. Dans le cercle, tous les éléments de la
création, soit les humains, les animaux, les plantes, l’air, le feu, l’eau, la
terre, les étoiles, etc. forment un tout indivisible. En d’autres mots, le
cercle est un mode de vie et une façon de penser unique chez les Amérindiens.

Les croyances et pratiques religieuses
Le chamanisme est une religion basée sur le culte de la nature
et sur la croyance aux esprits. Dans les tribus amérindiennes, le chaman est
une personne très importante et il a beaucoup d’influence sur ses confrères
autochtones. Les chamans sont les ponts entre le monde des esprits et le monde
normal. La tradition veut que les chamans acquièrent leur pouvoir grâce à
leurs visions et à leurs rêves. Ils sont des personnages très puissants. Dans
tous les peuples primitifs, ils y a des individus qui ont des pouvoirs
spéciaux. Le pouvoir de guérir les maladies, de prévoir l’avenir, d’établir le
contact avec les esprits, interpréter les rêves, etc.
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On devient chaman seulement lorsqu’on se retire pendant un mois
entier dans une maison à part et que l’on jeûne et médite. On doit aussi se
dépouiller de tous ses biens, s’abstenir des femmes et obéir parfaitement à ce
que l’esprit lui suggère. L’une des responsabilités la plus importante du
chaman est d’extirper un mauvais sort du corps d’un malade qui a été la proie
d’un ennemi. Ce que l’on entend par l’ennemi c’est quelqu’un qui jette un sort
à un homme, un peuple, un lieu, etc. Pour pouvoir communiquer avec les
esprits, les chamans dansent, jeûnent, donnent des offrandes ou s’infligent
des douleurs violentes volontairement. Certains rites de guérison sont très
fatigants physiquement, alors que certains rites moins importants sont
remplis de moment d’allégresse et d’action de grâce. |
La plupart des
Amérindiens étaient très attentifs à leur rêve car ils voulaient fournir à
l’âme ce qu’elle désirait. Pour bénéficier des visions et de rêves plus clairs
et plus explicites, les chasseurs et les pêcheurs doivent fournir sur une base
fréquente des remerciements et des offrandes. Pour contribuer au bonheur et à
la subsistance de la création, l’homme doit rendre hommage aux bons esprits au
moyen de rituels et d’offrandes généreuses. Pour les Amérindiens il est
primordial de suivre ou de réaliser ses rêves et ses visions. Ceci afin de
maintenir l’équilibre et l’harmonie dans le cercle. La pensée religieuse
autochtone divise le monde en trois composantes. Le monde visible: animaux,
terre, etc. Le monde invisible: morts, terre inconnue, etc. Le monde céleste:
étoiles, esprits, etc. Les Amérindiens croyaient que les maladies, la mort ou
les accidents étaient causés par des désirs non-satisfaits. La seule
explication plausible pour eux c’est que l’âme se fâche à la suite des désirs
non-satisfaits et un jour ou l’autre, ils frappent.
Lorsque le corbeau,
libérateur de l’homme, s’empare de sa vie, les habitants de la tribu
s’occupent de la sépulture. En ce temps, lorsque l’on enterre un corps, on
l’enterre avec tous ses biens. La vérité des corps matériels demeure sous
terre, mais l’âme de celle-ci traverse avec son être de l’autre côté.
Autrefois, il existait une fête spirituelle: à tous les dix ans, pendant dix
jours, les Hurons déterraient leurs morts et les déposaient dans une fosse
commune afin de faciliter leur voyage vers le monde invisible. Cette fête
s’appelait la fête des morts. Lorsque quelqu’un est tout près de mourir, on
le pare de tout ce qu’il a de plus beau (armes, vêtements, etc.) Ensuite, on
le pose sur un échafaud de sept ou huit pieds de haut ou bien, on le met en
terre dans une fosse et ce durant un grand festin en son honneur.
Les amérindiens construisaient d’énormes totems en respect
de la nature et des animaux

Les légendes
Dans le langage amérindien un mot représente une phrase
descriptive dans notre langue. En voici quelques exemples, homme blanc veut
dire :
l’homme-à-la-peau-couleur-de-l’écorce-du-grand-bouleau-
du-nord-quand-elle-prend-sa-teinte-d’hiver. Un arc-en-ciel
représente l’échelle entre l’île de la Grande Tortue et l’île de la Petite
Tortue. Chaque famille amérindienne a ses propres légendes.
Voici deux exemples de légende sur le sirop
d’érable de différentes tribus amérindiennes.
Légende
Micmac
Par une journée de tôt printemps, alors que le
vent était encore frisquet, une vieille femme Micmac alla ramasser la sève
des érables et, comme elle goûte meilleure chaude, elle en mit dans un pot
de terre cuite qu’elle plaça au-dessus de son feu de tepee. Fatiguée, la
vieille femme alla s’étendre pour se reposer. Lorsqu’elle se réveilla, le
soir était déjà là. Dans le pot elle trouva un sirop doré, clair et
sucré.
Légende
Algonquienne
Le chef de la tribu prit son tomahawk de
l’érable dans lequel il l’avait enfoncé la veille. Comme le soleil montait
dans le ciel, la sève se mit à couler de l’entaille. Sa femme la goûta et la
trouva bonne. Elle s’en servit pour cuire la viande ce qui lui évita d’aller
à la source pour chercher de l’eau. Le goût sucré et l’odeur douce furent
très appréciés par le chef.
Il appela le sirop dans lequel avait
bouilli la viande, Sinzibucwud, mot algonquin qui veut dire «tiré des
arbres ».
En général, chez les peuples autochtones, les légendes étaient
utilisées pour presque tout. Les légendes pouvaient être aussi bien la
découverte d’une race d’animal inconnu auparavant, dramatique comme les
histoires d’amour ou bien à caractère explicite, mais toujours raconté avec un
savoir-faire décent. Voici quelques autres exemples de l’art orale des
Amérindiens.
Le
cheval
Dans la tribu des hommes vrais,
celui-au-corps-aussi-dur-que-la-pierre (Imasi) devait sauver son peuple de la
famine parce que les bisons avaient pris une autre route de migration. Il
courut aussi longtemps qu’il le put pendant deux jours et deux nuits, puis il
rencontra un cheval et il réussi à détourner le chef des bisons vers son
peuple grâce à la puissance de l’animal.
La
création des oiseaux
Les oiseaux ont été créés par
Gouseclappe (le bon génie) à la demande d’une petite fille. La fillette lui
dit que s’il inventait quelque chose de nouveau les enfants finiraient
probablement par manger leur repas et cesser la grève de la faim. C’est ainsi
que les oiseaux ont été créés.
Le petit
homme
Bien avant l’arrivée des hommes vrais, existaient
des petits hommes, appelés Magah, et qui vivaient sous la terre. Ils avaient
conclu un pacte avec les hommes vrais, mais depuis l’arrivée des hommes
blancs, le pacte était constamment violé par ce peuple avide de pouvoir. Un
jour l’homme vrai vivra dans des réserves à cause de leur dépendance envers
l’homme blanc.
Kokomis
Un grand chef amérindien
vivait autrefois dans notre région. Un jour, sa fille unique devint amoureuse
d’un aventurier de la tribu. Le père posa une condition à leur mariage :
le jeune homme devait lui apporter un canot rempli de fourrures de qualité.
Sur un rocher, au centre des chutes, les amoureux se firent la promesse d’être
fidèles quoi qu’il arrive. Puis le brave partit pour sa grande chasse. Il n’en
revint jamais. Sa fiancée guetta son retour toute sa vie. Devenue vieille,
elle pria le Grand Esprit de laisser un signe d’adieu à son amoureux. Quand
elle mourut, un grand éclair frappa le rocher au milieu des chutes. Cela
sculpta la figure de la vieille Amérindienne qui regardait au loin. Voilà
pourquoi les Algonquins nommaient cette chute ¨Kokomis¨, c’est-à-dire ¨ta
grand-mère¨. En 1913, on construisit la centrale hydroélectrique de
Grand-mère. Le rocher fut alors découpé et ses morceaux numérotés et déplacés.
La compagnie papetière Laurentide sauva ainsi le rocher qui a donné son nom à
la ville Grand-Mèroise.
Le
vent-du-sud
L’homme vrai cherche à séduire la femme,
mais celle-ci préfère le vent-du-sud. Et pour cause car ce dernier ne se jette
pas sur elle par instinct, il connaît les mouvements qui doivent précéder la
possession amoureuse. Au bout de quelque temps, l’homme vrai comprit les
étreintes du vent-du-sud et dès lors, la femme le préféra car il était devenu
le Maître de l’Amour.
Cette recherche nous porte à croire que les
Amérindiens avaient de graver dans leur culture ancestrale, les mythes, les
croyances et pratiques religieuses et finalement les légendes. Ces trois
éléments étudiés au cours de notre recherche, seraient selon nous les trois
clés les plus importantes pour le développement d’une société quelconque. Or,
comment fonder une société qui ne croit en rien? Comment comprendre une
société qui n’a aucun patrimoine? Nous croyons que les scientifiques sont des
personnes qui font accroître la technologie, mais en même temps, ils défont
les liens qui unissent la race humaine à cause de leurs découvertes expliquant
tout sur tout. Ils ne laissent plus de place pour la divinité et les questions
existentielles. Vers quelles sombres profondeurs nous dirigeons-nous ?

Bibliographie
ASSINIWI, Bernard et
Isabelle Myre, Contes adultes des territoires algonkins, Leméac,
1985, 182 p., coll. Ni-T’Chawama CARDIN, Jean-françois, Le
Québec : Héritage et projets, HRW ltée, Montréal, 506
p. COUTURIER, Jacques-Paul et Réjean Oulette, L’expérience canadienne,
des origines à nos jours, Acadie, 1994, 468 p. LACOURSIÈRE, Jacques,
Épopée en Amérique, Publior, Montréal, 1998, 400 p. MACDONALD,
Fionq, Les Indiens, peuples d’amérique, Nathan, 1997, 24
p. MELANÇON, Claude, Légendes indiennes du Canada, Ottawa, Du
jour, 1967, 159 p. PERET, Benjamin, Anthologie des mythes et légendes
d’amérique, Paris, Albin Miche., 1960, 412 p.
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