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Le foin d'odeur est une herbe aromatique. Les
Amérindiens la considèrent comme une herbe sacrée. Certains la font brûler
comme de l'encens pour purifier les gens, les choses et les demeures.
D'autres ne font que humer son arôme avant les réunions ou les cérémonies
pour calmer l'esprit et attirer des énergies positives. L'infusion de ce
foin avait la réputation de soulager la toux et les maux de
gorge.
En principe, ce foin ne se vendait pas, c'est
une herbe sacrée, on la cueillait pour soi où pour offrir en gage d'amitié
mais, de nos jours, des individus la ramassent dans les prés ou la
cultivent pour en faire du commerce.
Cette herbe est le plus fréquemment présentée
sous forme de tresse, ce qui aide à garder sa fragrance. Elle est
généralement incluse dans les ensembles de purification avec de la sauge, du cèdre et du genévrier. Elle est aussi
offerte tout simplement attachée en paquet ou présentée sous différentes
formes réalisées par les artisans autochtones comme des porte- bonheur,
des signets, ou des capteurs de rêves.
« Cette plante devient très odorante par
dessiccation. En Allemagne on la répandait à la porte des églises, d’où le
nom d’herbe sainte. Les Indiens de l’Amérique du nord l’emploient de temps
immémorial pour la fabrication des paniers qu’ils vendent aujourd’hui aux
touristes. L’armature de ces paniers est généralement faite du bois du Fraxinus américana ou de l’acer rubrum. » * Frère Marie-Victorin *
Nous la retrouvons en vente dans les foires,
les pow-wows ou encore dans les boutiques d’artisanat amérindien. Son nom
scientifique est « hiérochloé
odorata ». En plus d’être nommée foin d’odeur, elle porte aussi
le nom d’herbe sainte, herbe sacrée ou en anglais sweet
grass, holy grass et buffalo
grass.
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Son parfum particulier provient d’un produit qu’elle contient, la
coumarine, produit d’ailleurs que l’on retrouve, mais en plus
petite quantité, dans la flouve odorante et dans le mélilot. Cette
coumarine ne dégage son odeur qu’après que les feuilles aient séché.
Depuis quelques années, on a réussi à extraire la coumarine de cette
herbe pour en faire une huile essentielle qui est maintenant incorporée
dans les encens ou dans les parfums.
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Bel assortiment de
tresses |
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Le foin d’odeur attaché en paquets ou
tressé |

Reproduction
| C’est une plante
vivace indigène devenue assez rare à l’état sauvage, qui se
reproduit par le rhizome. Elle peut aussi se reproduire par les
graines, mais celles-ci sont très rares et majoritairement stériles.
« La plante produit d’abord un chaume qui fleurit puis, plus
tard dans la saison, paraissent à 5-8 cm d’intervalle, sur le
rhizome, des touffes de feuilles basilaires qui sont parfaitement
développées en juillet août et atteignent alors souvent un mètre.
Les chaumes murs sont encore présents mais ne paraissent pas
appartenir à la même plante et, en fait, les Indiens, comme
d’ailleurs beaucoup de botanistes amateurs, ne connaissent pas la
relation qui les unit.
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Les feuilles
avant le séchage |
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Les Indiens font la
cueillette de grandes quantités de feuilles qu’ils font sécher par
petits paquets et à l’ombre, l’action du soleil rendant le parfum
plus fugace. Ces feuilles ainsi desséchées deviennent fortement
involutées (qui se roulent sur elles-mêmes) et fournissent un brin
très flexible. Les Indiens prétendent que les feuilles situées à la
périphérie de la touffe sont dépourvues de parfum et ils les
enlèvent soigneusement ». * Frère Marie-Victorin*
Cette graminée est répandue d’une façon
générale dans le monde mais toujours au nord du 40 ème parallèle. En
Amérique elle croit de l’est à l’ouest . Au sud, ses limites sont
quelque part en Arizona. Sa limite au nord peut s’étendre entre, à
l’est, Terre-Neuve et à l’ouest jusqu’à la limite de
l’Alaska. |
Au Québec, elle croissait un peu partout.
Autrefois, on pouvait en cueillir dans la région de Joliette, Baie du
Fêbvre, etc... Dans ces endroits, elle a presque disparu, probablement à
cause des pratiques culturales modernes car on draine les terres humides
pour les assécher. On répand des herbicides sur de grandes surfaces pour
enlever toutes les plantes qui ne servent pas à l’alimentation humaine ou
animale.
Heureusement, on en trouve encore dans le bas
du fleuve aux environs de Saint Jean Port-Joli et principalement dans la
Baie des Chaleurs dans la Gaspésie.
On peut l’apercevoir dans les champs humides,
sur le bord des savanes, le long du fleuve, des lacs, des ruisseaux et
même sur le bord des fossés. Elle peut être mêlée à d’autres herbes ou
buissons. En résumé, elle aime les sols riches et humides mais
ensoleillés. Il faut la ramasser avant les gelés car celles-ci a pour
effet de diminuer son arôme.
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Un champ de foin d'odeur |
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Pour un néophyte, il est assez difficile
de la reconnaître à l’état sauvage. Elle ressemble à bien d’autres
herbes. On peut l’identifier à son parfum distinctif mais seulement
quand elle est séchée. Comme elle fleurit tôt au printemps, c’est à
ce moment que l’on peut la reconnaître en observant son
inflorescence en forme de panicule formée d’épillets de couleur
beige brunâtre pour ne pas dire bronzé. |
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Jacques Dion, cultivateur.
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