Chefs Indiens ( suite)


ABIAKA

Homme-médecine seminole, Abiaka fut tout aussi essentiel à la machine de guerre seminole qu'Osceola Il fut un leader spirituel important qui utilisa sa "médecine" pour attiser la colère et la révolte des guerriers Seminoles contre les Américains. Il amena les Seminoles à la victoire plusieurs fois, dont la bataille d'Okeechobee de 1837.

Abiaka parvint à résister à l'émigration pendant des années, et conserva la résistance active avant et après le mouvement d'Osceola. Finalement, affamé, encerclé, Abiaka ne demanda aucune grâce, ni aucun compromis. Il mourut dans son dernier campement, au Marais du Grand Cyprès.



BIG BEAR

Le jour où les Européens s'installèrent au Canada, la manière de vivre des autochtones fut menacée, et Big Bear, un chef Cree, combattit toute sa vie pacifiquement afin de redonner sa fierté à son peuple. Très vite, il fut considéré comme un fauteur de trouble. Big Bear a combattu les autorités avec des mots, son peuple avec des balles, et tous les deux perdirent.

En 1887, la tribu de Big Bear fut dispersée à travers tout le pays. Du fait que la majorité de sa tribu se trouvait au Montana, Big Bear mourut seul en janvier 1888.

Big Bear, comme Louis Riel, fut l'un des leaders des Indiens des Plaines et des Métis qui tenta de favoriser l'unité, et fit pression sur le gouvernement de John A. Macdonald pour que les droits des Amérindiens soient respectés.

En 1876, Big Bear refusa de signer un traité demandant le sacrifice des droits des Indiens en échange de l'attribution d'une réserve. Mais, lorsque le buffle disparut et que la famine fit ses ravages parmi les Crees, il se résigna à signer le traité en 1882.

Big Bear perdit alors le contrôle de beaucoup de ses guerriers, ce qui aboutit à l'apparition d'une tribu nomade, qui tua 9 colons, et brûla Fort Pitt près de la frontière Alberta-Saskatchewan. Les guerriers furent finalement capturés, et Big Bear fut condamné pour trahison et envoyé au pénitencier de Stony Mountain. Au bout de deux ans de prison, il fut transféré à la réserve Poundmaker, et mourut un an après.



BLACK HAWK

Né en 1767 dans l'Illinois, le chef Black Hawk de la tribu des Sauks combattit les Américains dans la guerre de 1812 pour le compte des britanniques. Il dénonça le traité de 1804, qui expropriait sa tribu de son territoire, et refusa de quitter la terre de ses ancêtres.

En 1831, les blancs utilisèrent la force pour imposer un nouveau traité qui les contraignait à abandonner leurs terres. En avril 1832, Black Hawk, avec plus de 400 guerriers et leur famille, retournèrent en Illinois après avoir passé l'hiver dans l'Iowa. Il trouva son territoire envahi par les colons qui refusèrent de s'en aller. Des troupes militaires furent chargées d'expulser les Sauks, et les pourchassèrent à travers l'Illinois et le Wisconsin. Déçu de ne pas obtenir de soutien de la part des britanniques, Black Hawk admit sa défaite. Cependant, lorsqu'un de ses émissaires de paix fut tué de sang froid, Black Hawk répliqua en attaquant avec succès une force bien supérieure en nombre, puis il se retira dans le Wisconsin.

Le général Henry Atkinson rassembla alors un bataillon de volontaires. La dernière bataille fut menée sur la rivière Bad Axe, où Black Hawk fut attaqué par les blancs et une tribu de Sioux. Pris au piège entre un canon monté sur un bateau et 1300 soldats, il hissa un drapeau blanc, geste qui fut ignoré, et la majorité de son groupe fut exterminé, femmes et enfants compris.

Black Hawk parvint à s'enfuir, et se rendit à Winnebago où il fut emprisonné. Là, il fut contraint de céder la partie est de l'Iowa. Relâché en 1833, il rejoignit ce qui restait de sa tribu et de sa famille dans l'Iowa. Il mourut en 1838.



CHEF BLACK KETTLE

Le chef Black Kettle vivait sur le vaste territoire de l'ouest du Kansas et de l'est du Colorado, qui avait été garanti aux Cheyennes par le traité du Fort Laramie en 1851. Cependant, en moins de dix ans, la découverte d'or amena une population importante au Colorado. Le gouvernement fit alors signer un deuxième traité, reprenant les terres aux Cheyennes, ne leur laissant que la réserve de Sand Creek dans le sud-est du Colorado. Black Kettle l'accepta en 1861, de crainte que le pouvoir militaire ne les écrase.

La réserve, cependant, ne pouvait assurer la subsistance des indiens. Aussi les épidémies se propagèrent rapidement. Les jeunes indiens s'enfuirent de la réserve et commencèrent alors à effectuer des raids chez les colons. Ces derniers envoyèrent leur milice à leur recherche, milice qui ouvrit le feu sur le premier groupe Cheyenne en vue, en l'occurrence des innocents.

Cet incident créa un soulèvement chez les indiens des Grandes Plaines. Black Kettle, pourtant, comprit que le pouvoir militaire était trop fort, et conclut un marché avec le Fort Weld : ramener les insoumis à la réserve de Sand Creek en échange de leur sécurité.

Mais ce pacte fut trahi par le colonel John Chivington, chef du Troisième Corps de Volontaires du Colorado. Il attaqua le campement de Black Kettle le 29 novembre 1864, massacrant plus de deux cent Cheyennes, dont beaucoup de femmes et d'enfants, puis les mutilant et les scalpant. Black Kettle échappa à la tuerie, mais continua malgré tout à prôner la paix et à empêcher les raids sur les colons. En octobre 1865, avec plusieurs chefs indiens, il signa un autre traité qui échangeait les réserves de Sand Creek contre celles du sud-ouest du Kansas, mais qui les dépossédait également de leurs territoires de chasse du Kansas.

Seule une partie de la nation Cheyenne suivit Black Kettle et les autres chefs dans ces nouvelles réserves. D'autres rejoignirent les Cheyennes du Nord sur le territoire lakota. Beaucoup ignorèrent simplement le traité, et continuèrent à vivre sur les terres natales. Ce dernier groupe, mené par le chef Roman Nose, se battit furieusement contre le général William Tecumseh Sherman, ce qui amena l'arrêt de tout trafic à l'ouest du Kansas pendant un moment.

Le gouvernement voulut une fois de plus faire transférer les Indiens dans deux minuscules réserves, où elles recevraient des provisions annuellement. Black Kettle fit partie des chefs qui signèrent ce traité, le Traité de la Medecine Lodge en 1867. Cependant, une fois installées, les tribus ne reçurent jamais la nourriture promise, ce qui entraîna le départ des Indiens vers le groupe de Roman Nose .

En août 1868, Roman Nose mena une série de raids sur les fermes du Kansas. Sous les ordres du général Philip Sheridan, trois colonnes de troupes rejoignirent la Septième Cavalerie de Custer, pour mener la contre-attaque. Il s'avérait que les traces de replis des groupes menant les raids conduisaient au village de Black Kettle, sur la rivière Washita.

Le 27 novembre 1868, les troupes de Custer attaquèrent le village de Black Kettle, et tuèrent ce dernier.



BIG FOOT

Big Foot fut le leader du groupe Miniconjou, massacré dans la crique de Wounded Knee le 29 décembre 1890.

Big Foot et son peuple vécurent dans la réserve de Cheyenne River, et furent les croyants les plus enthousiastes de la cérémonie de la Ghost Dance. La famine et la misère qu'ils trouvèrent dans leur réserve, lors de la défaite finale en 1889, firent que les Lakotas trouvèrent refuge dans le message de Renouvellement Messianique de la Ghost Dance. Le mouvement envahit rapidement tout le campement, alertant les agents indiens locaux. Plusieurs danseurs furent supprimés, d'autres rappelés à l'ordre par les troupes.

A la réserve de Standing Rock, où Sitting Bull fut suspecté d'encourager la Ghost Dance dans le but de provoquer un soulèvement, il y eut une effusion de sang lorsque la police indienne tua Sitting Bull lors de son arrestation. Beaucoup de la tribu du vieux chef décédé s'échappa alors pour se réfugier auprès de Big Foot.

Ce dernier décida de conduire son peuple loin de la violence rencontrée à Standing Rock, et s'échappa vers le sud, à Pine Ridge, espérant y trouver la sécurité. Malade, Big Foot n'avait plus d'intentions belliqueuses, et portait un drapeau blanc lorsque les patrouilles militaires les capturèrent le 28 décembre 1890. Cette nuit-là, Big Foot et sa tribu campèrent près de la crique de Wounded Knee, cernés par les soldats.

Le matin suivant, les soldats installèrent des mitrailleuses tout autour du camp, et commencèrent à confisquer les armes aux indiens. Lorsqu'un coup de feu partit accidentellement, les soldats ouvrirent le feu, et en quelques minutes, tuèrent plus de 370 lakotas. Puis ils poursuivirent les femmes et les enfants, pour les abattre à plusieurs kilomètres du lieu de la confrontation première.

Big Foot fut le premier à être abattu à Wounded Knee.



COCHISE

Né en 1810, Cochise fut le chef du groupe Chokonen de la tribu Apache Chiricahua. En 1861, Cochise fut fortement suspecté d'avoir enlevé l'enfant d'un rancher, et d'avoir volé son bétail. Le lieutenant George Bascom accusa très vite Cochise et voulut l'arrêter, malgré les dires de Cochise sur son innocence. De ce fait, ce dernier s'échappa avec sa femme.

Après plusieurs semaines de combat, deux compagnies de dragon conduisirent les Apaches qui restaient au Mexique, où ils les massacrèrent. Bascom fit pendre tous les otages masculins, dont le frère de Cochise. En représailles, les Apaches tuèrent près de 150 blancs et mexicains sur une période de deux mois. Vers la fin de 1861, les soldats quittèrent la région de Chiricahua, pour partir à la guerre dans l'Est. Bascom mourut plus tard au cours d'une bataille, fauché par une boule de canon.

Au matin du 30 avril 1871, 150 mercenaires anglais, mexicains et indiens Papago attaquèrent un camp indien endormi, où ils massacrèrent une centaine d'innocents, des femmes et des enfants pour la plupart. Les survivants furent placés en esclavage. Le président américain, Ulysse S. Grant, fut indigné par cet épisode, et envoya une commission de paix en Arizona, conduite par le général Oliver Howard et Vincent Coyler. Howard arrangea également une rencontre avec Cochise à l'automne, grâce à l'intervention de Thomas Jeffords.

Cochise était amer, mais réalisait qu'il menait un combat perdu d'avance. Après onze jours de négociation, le général accorda à Cochise une réserve sur les terres Chiricahua, avec Jeffords en tant qu'agent. En contrepartie, Cochise tint parole, son peuple vécut paisiblement jusqu'à sa mort en 1874. A partir de cette date, le gouvernement brisa le traité signé par Cochise et déplaça sa tribu de leurs montagnes vertes vers le désert aride de l'Arizona.

Le plus jeune fils de Cochise, Naiche, et Geronimo s'enfuirent avec la tribu et se cachèrent dans les montagnes de Chiricahua. Ils réussirent à rester libres pendant dix ans, ne se rendant finalement qu'en 1886.



CRAZY HORSE

Crazy Horse (Tashunkewitko), chef Sioux, est né sur la Rivière Républicaine en 1845. Il est mort, tué à Fort Robinson, au Nebraska, en 1877.

Dès l'âge de 16 ans, il se fit connaître auprès de ses congénères en tant que guerrier très brave, et au sens de l'honneur développé. Lors de l'attaque du fort Phil Kearny, à l'âge de 20 ans, Crazy Horse fut désigné pour attirer les soldats hors du fort. Le stratagème qu'il utilisa lui fit obtenir la reconnaissance de son statut de chef, et SittingBull l'appuya fortement pour l'imposer en tant que leader principal de la guerre. En 10 ans de guerre, il n'a perdu qu'une ou deux batailles.

Lors d'une réunion de toutes les tribus en 1876, Crazy Horse et 700 guerriers combattirent les troupes du GénéralCrook, composées pour beaucoup de tribus Crow, envoyées pour en finir avec eux. Les forces du Général Crook furent mises en déroute, puis ce fut le tour du Général Custer, qui trouva la mort le 25 juin 1876 lors de l'attaque du camp de Crazy Horse.

Si Sitting Bull fut poursuivi jusqu'au Canada, Crazy Horse et les Cheyennes furent relativement tranquilles. De temps en temps, des délégations d'indiens amicaux lui furent envoyées afin de le convaincre de se rendre dans une réserve, où il serait traité convenablement.

Finalement, avec la disparition du buffle qui était la principale source de leur nourriture, Crazy Horse fut amené à devoir accepté la proposition et, en juillet 1877, il se rendit avec plusieurs centaines d'indiens à Fort Robinson, dans le Nebraska, avec l'assurance que les indiens seraient écoutés par le gouvernement.

Il mourut peu après, tué d'un coup de baïonnette, lors d'un guet-apens organisé par le Général Crook et plusieurs indiens, dont Little Big Man, selon de nombreux indiens présents alors. Ses parents enlevèrent le corps, et nul ne dévoila le lieu de son enterrement.



CROWFOOT

Crowfoot, chef de la tribu Pieds-Noirs, s'est imposé en tant que chef dans la région d'Alberta vers 1830.

Jeune homme, il participa aux pillages qui étaient la tradition de sa tribu. Bien que peu soutenu par ses pairs, il démontra bientôt ses capacités de leader.

En 1874, du fait que beaucoup de sa tribu souffraient des effets de l'alcool et des pistolets fournis par des commerçants américains, Crowfoot fit bon accueil aux nouvelles de la création de la police montée du Nord-Ouest. Quand cette dernière arriva, il devint l'ami de James Farquharson Macleod, commissaire auxiliaire.

Grâce, en grande partie, aux efforts de Crowfoot, des relations amicales ont été établies et entretenues entre la police et les tribus des Pieds-Noirs. En 1877, Crowfoot a signé le Traité 7 au nom de sa tribu. Et ceci, en dépit des années à venir difficiles pour les Pieds-Noirs, du fait de la disparition du buffle et de la famine engendrée alors. Malgré cela, Crowfoot refusa de rejoindre Louis Riel dans sa rébellion, et plus tard fut honoré par le Premier ministre John A. Macdonald et le gouverneur général Lansdowne pour sa fidélité à la Reine Victoria.

Crowfoot est mort dans la réserve près de Gleichen, en Alberta, le 25 avril 1890. Il fut considéré par beaucoup des autochtones comme un traître à leur cause.



DULL KNIFE

Dull Knife fut un chef Cheyenne de la vieille école. Honnête et simple, il sut mériter la confiance et la reconnaissance de son peuple.

Vers 1875, les Américains commencèrent à enfermer les Indiens dans les réserves, afin de s'emparer de leurs terres. Le gouvernement entama des négociations de paix, mais toujours avec l'appui militaire. Un petit nombre résista, et se déclara en guerre : le Chef Joseph des Nez-Percés, et le Chef Standing Bear des Poncas, attirèrent leur peuple aux Etats-Unis, et réussirent à obtenir des portions de terre où ils partirent s'installer. Dull Knife n'eut pas cette chance. Il fut considéré comme un homme dangereux par les autorités, et fut placé avec sa tribu sans son consentement sur des réserves indiennes. Quand il réalisa que son peuple était en train de mourir lamentablement, il s'enfuit avec l'accord de sa tribu vers leurs territoires du Nord.

Bien que le trajet soit long et périlleux, il parvint à éviter les troupes militaires à sa poursuite, et à atteindre leur sol natal. Mais, du fait de la famine, quelques Indiens trahirent Dull Knife, et livrèrent sa tribu aux soldats. Ils furent conduits à Fort Robinson, les hommes enfermés dans des cellules, les femmes et les enfants parqués dans le fort. Ce furent les femmes qui se révoltèrent les premières, et poussèrent les guerriers à tenter de s'enfuir. Elles leur amenèrent quelques armes, et participèrent à la tentative d'évasion. Tous les membres étaient prêts à donner leur vie plutôt que subir la mort lente de cet enfermement.

La tentative échoua, par manque d'armes, et tous se firent massacrer par les soldats en place.



CHEF GALL

Le chef Gall est l'un des leaders les plus agressifs de la Nation Sioux. Il fut l'un des proches de Sitting Bull, son principal soutien. Il défendait vigoureusement les droits de son peuple sur les plaines des buffles, et croyait pouvoir faire respecter les accords passés avec le gouvernement.

Quand le Traité de 1868 fut bafoué, il rejoignit Sitting Bull pour défendre leurs territoires, et s'enfuit avec lui au Canada après la bataille de Custer. Ils pensaient être entendus par le gouvernement canadien, et furent très déçus de devoir rentrer sur le territoire américain.

Finalement, Gall se présenta à Fort Peck, au Montana, en 1881, suivi par la moitié du groupe Hunkpapa, où il fut bientôt rejoint par Sitting Bull. Malgré le fait que Gall avait reçu l'assurance qu'il n'y aurait pas de représailles sur son peuple, il sut rapidement que beaucoup d'indiens furent attaqués.

Dès le printemps, le chef Gall et son peuple furent considérés comme prisonniers de guerre, et transférés à l'agence de Standing Rock où il mourut.



GERONIMO

Geronimo (Goyathlay), est né en 1829 dans l'ouest du Nouveau Mexique. Leader des Apaches à Sonora, sa carrière guerrière fut liée à celle de son beau-frère, Juh, un chef Chiricahua. Il fut entre autre son porte-parole. En effet, Geronimo ne fut jamais un chef indien, mais un Homme Médecine, hautement respecté par tous les chefs Apaches de sa région.

Geronimo fut le meneur des derniers combattants indiens qui capitulèrent cérémonieusement devant le gouvernement américain. Il a toujours combattu le découragement de son peuple, et est celui qui a tenu le plus longtemps face aux troupes américaines.

Ce fut le massacre de la femme et des enfants de Geronimo, perpétré par les troupes espagnoles au Mexique, qui a poussé celui-ci dans cette lutte guerrière. Très vite, ses pairs reconnurent sa bravoure et ses capacités de leader.

En 1875, tous les Apaches du Rio Grande furent transférés dans la réserve de San Carlos, une terre aride. Geronimo parvint à s'enfuir plusieurs fois de cette réserve, mais se rendit à chaque fois. En 1876, Geronimo se réfugia au Mexique. En 1882, retrouvé par les indiens au service du gouvernement américain, il accepta de se rendre pour retrouver son peuple. Mais, en 1885, il s'échappa de nouveau avec, cette fois, 35 guerriers et 109 femmes et enfants. En janvier 1886, des apaches à la solde du général Crook les forcèrent à se rendre. De nouveau, il s'échappa, mais fut rattrapé par le général Nelson Miles en septembre 1886. Geronimo et 450 apaches furent envoyés en Floride en détention dans les forts Marion et Pickens. En 1894, ils furent transférés à Fort Sill, en Oklahoma. Geronimo devint alors un rancher, et participa à la parade d'inauguration de Théodore Roosevelt, en 1905.

Il mourut en 1909, prisonnier de guerre, sans avoir jamais pu rentrer chez lui.



CHEF JOSEPH

Le Chef Joseph, ou In-mut-too-yah-lat-lat, fut connu pour sa résistance face aux tentatives du gouvernement de forcer sa tribu des Nez-Percés à se rendre dans les réserves.

Cette tribu était une nation pacifique, qui s'étendait de l'Idaho au nord de Washington. Elle a maintenu de bonnes relations avec les blancs après l'expédition de Lewis et Clark. Joseph a passé la majeure partie de son enfance dans un mission tenue par les missionnaires Chrétiens.

En 1855, le père du Chef Joseph, Old Joseph, signa un traité avec le gouvernement, qui autorisait son peuple à rester sur les terres de leurs ancêtres. En 1863, un autre traité réduisait la surface allouée, mais Old Joseph ignora volontairement ce traité.

L'épreuve de force commença avec l'arrivée du Chef Joseph en 1877. Après plusieurs mois de marches forcées et de combats, beaucoup de Nez-Percés furent envoyés dans les réserves de l'Oklahoma, où la plupart mourut de malaria et de famine.

Chef Joseph tenta à plusieurs reprises d'obtenir des autorités fédérales le retour de son peuple sur ses terres. En 1885, il fut envoyé avec sa tribu dans une réserve près de Washington, où il mourut le coeur brisé.



JOSEPH BRANT

Joseph Brant (Thayendanegea), chef Mohawk, est né en 1742 sur les bords de la rivière Ohio. Il hérita du statut de chef par son père. Il eut une éducation poussée, apprit à parler anglais et étudia l'histoire et la littérature de l'Ouest. Grâce à cela, il devint très vite l'interprète des missionnaires anglais.

Sa soeur épousa le Superintendant britannique aux Affaires Indiennes, Sir William Johnson, qu'il suivit avec les braves de son école à la guerre dès l'âge de 13 ans. Par la suite, il devint le secrétaire de son successeur, Guy Johnson, et l'accompagna en Angleterre.

A son retour, en 1776, par crainte de perdre les terres de ses ancêtres, il mena quatre des six Nations de la Ligue Iroquoise à l'attaque des avant-postes coloniaux à la frontière de New-York, contre les révolutionnaires Américains. Puis, en 1777, il commanda les indiens à la bataille de Oriskany. En 1778, il détruisit le fort et la ville de Cherry Valley, que l'on appela ensuite "le massacre de Cherry Valley". En 1779, ses guerriers subirent une grande défaite face au major général John Sullivan, mais la ligue continua à effectuer des raids.

Vers 1782, Brant dû chercher d'autres territoires pour lui et son peuple, du fait de l'invasion des colons sur ses terres. Néanmoins, il découragea tout acte guerrier de la part de ses hommes, et aida les Américains à établir les traités de paix avec les Miamis et les autres tribus. En récompense, il obtint 675 000 acres de terres en Ontario, où il s'installa avec son peuple.

En 1784, la Ligue Iroquoise prit fin avec le second Traité de Fort Stanwix, où elle admit sa défaite.

Brant dû se rendre en 1785 en Angleterre afin d'obtenir le titre légal de propriété des terres acquises, mais ne reçu que des compensations financières pour les pertes subies dans la guerre contre l'indépendance américaine. C'est pour cette raison que la transaction terrienne est aujourd'hui remise en question.

Brant continua son travail de missionnaire, en favorisant l'éducation et l'étude, et réalisa la traduction de l'Ancien et du Nouveau Testament en langage Mohawk. Il mourut en 1807.

 

LITTLE BIG MAN

Guerrier Oglala Sioux respecté et sans peur, Little Big Man lutta aux côtés de Crazy Horse contre le colonelNelson Bear Coat Miles. En effet, il fut l'un des plus ardents défenseurs des Montagnes Noires, appartenant aux Sioux, qu'une Commission voulait obtenir par traité.

Plus tard, il devint policier d'agence dans une réserve, et fut, semble-t-il, en partie responsable de la mort de Crazy Horse, assassiné d'un coup de baïonnette.



LITTLE TURTLE

Reconnu comme le dernier chef des Indiens Miami, Little Turtle est né en 1782 en Indianna. Fils du chef miami Acquenacke et d'une mère mohican, il mena la confédération des guerriers Miami, Shawnee, Ojibway, Delaware, Potawatomi et Ottawa, qui assenât une défaite au Général Arthur Saint Clair, à Fort Recovery le 3 novembre 1791.

Sur 1300 soldats de l'armée, 602 furent tués et 300 blessés, contre seulement 66 du côté des indiens, qui eux comptaient 1000 guerriers. Ce fut la plus grande défaite que connurent les Américains infligée par les indiens.

Il combattit plus tard les milices américaines qui voulaient les punir, lui et d'autres tribus, pour avoir piller des colonies américaines dans les territoires du Nord-Ouest. Il gagna contre les troupes du Général Josiah Harmar et contre celles du Général Arthur Saint Clair dans les années 1790.

Ils demeurèrent invaincus jusqu'en 1793, jusqu'à leur déroute à la bataille de Fallen Timbers, bataille contre la garnison d'Anthony Wayne, en août 1794. Cette défaite mise effectivement fin à deux décennies de guerre. En 1795, Little Turtle signa le Traité de Fort Greenville, cédant les terres indiennes de l'Ohio, du Michigan, de l'Indianna et de l'Illinois, propriété d'une confédération d'indiens connue en tant que la Confédération Indienne du Nord-Ouest.

Après cela, Little Turtle exhorta à la paix et demanda à son peuple de ne pas rejoindre la confédération de Tecumseh. Il se battit contre l'alcoolisme et les ravages des épidémies en faisant la promotion des vaccins. Il rencontra par la suite George Washington à Philadelphie en 1797, avant de décéder le 14 juillet 1812 à Fort Wayne, dans l'Indianna.

 

MANGAS COLORADAS

Né en 1797, Mangas Coloradas fut le chef du groupe Apache Mimbrenos du sud-ouest au Nouveau Mexique.

En 1837, beaucoup de Mimbrenos furent massacrés par les trappeurs, résultat de la générosité affichée par les autorités mexicaines envers les scalps des Apaches. Mangas Coloradas organisa alors la réunion des tribus et mena une guerre de revanche. Il s'ensuivit le "nettoyage" des colons de la zone.

Quand les Américains prirent possession du Nouveau Mexique en 1846, il entérina l'amitié avec ces conquérants, contre leurs ennemis mexicains. Mais la paix prit fin avec la ruée vers l'or. En 1851, une série d'incidents généra une grande hostilité, dont l'humiliation de Mangas Coloradas lorsqu'il reçut des coups de fouets sur les mains par des mineurs. A la tête de ses guerriers, il fit une guerre continuelle, jusqu'à ce qu'il soit finalement capturé et tué par les soldats de l'Union en 1863.



OSCEOLA

Osceola est né en 1804. Bien qu'il ne fut pas chef par hérédité ou élu, il fut un jeune leader Seminole provoquant par sa résistance à l'émigration indienne. En 1835, il plongea son couteau dans le traité que les Américains lui demandaient de signer, dans le but de déplacer son peuple vers le territoire inoccupé du Mississippi ouest. L'acte provoqua la deuxième guerre Seminole, un jeu en Floride du chat et de la souris qui dura 7 ans contre les troupes fédérales.

Osceola marqua l'Histoire par ses combats victorieux contre cinq généraux américains, l'assassinat d'un agent américain aux affaires indiennes, et imposa l'idée d'un peuple fort et qui ne se rend pas. Il fut aidé par Abiaka.

Dupé par des faux pourparlers de paix avec le général Thomas Jessup, il fut capturé en 1837 alors qu'il portait un drapeau blanc en signe de trêve, et fut emprisonné à Fort Moultrie, en Caroline du Sud. Cette tromperie révolta George Catlin qui lui rendit visite en prison dès qu'il le sut. Ils devinrent amis, et Osceola accepta volontiers de poser pour faire son portrait. Catlin écrivit que "cet individu brave a l'esprit cassé, et il est prêt à mourir dès que son souffle finira". Peu après que son portrait soit achevé, Osceola mourut de malaria en 1838.

Le nom d'Osceola est issu du terme indien "Asiyahola", le cri poussé par ceux qui boivent la boisson noire de cérémonie, qui est supposée nettoyer le corps et l'esprit.



POUNDMAKER

Chef Cree visionnaire et le plus grand chasseur de son temps, Poundmaker (1826-1886) a démontré qu'il était préoccupé par l'avenir de son peuple en étant réticent à accepter le Traité no 6.

Comme son père adoptif, Crowfoot, Poundmaker a négocié la paix avec les Blancs. Devant le mécontentement montant face à la mauvaise gestion du gouvernement et dont la Révolte du Nord-Ouest en a été le point culminant, il a incité son peuple à la retenue et a ainsi évité que le sang ne coule davantage à la bataille de Cut-Knife Creek. Suite à la rébellion, Poundmaker a été emprisonné pour «haute trahison» et il est mort peu de temps après sa mise en liberté, brisé et aigri.

Ce n'est que plus tard qu'on a reconnu son rôle indéfectible comme défenseur de la paix et de son peuple.



ROMAN NOSE

Roman Nose, un chef Cheyenne, fut un contemporain de Dull Knife. Alors que ce dernier combattait des Indiens, Roman Nose fit ses armes contre les blancs. Il fut d'ailleurs celui qui attaqua le plus les colons entre 1860 et 1868, et notamment les mormons.

Né en 1830, il devint très vite un guerrier et un leader de guerre. Il combattit à la bataille de Platte Bridge en 1865, ainsi que dans la guerre contre l'itinéraire Bozeman. En 1867, il participa à des raids et aux pourparlers qui précédèrent le Conseil de la Medecine Lodge. Il refusa de signer le traité rédigé par le Conseil.

En 1868, des indiens pénétrèrent dans un camp colons blancs, et tentèrent de voler les chevaux. Roman Nose ne les accompagnait pas du fait de sa trop grande célébrité, qui le démasquait immédiatement où qu'il aille. Lors d'une attaque en 1868 contre un corps de troupe dirigé par le général Forsythe, Roman Nose trouva la mort au combat, sur les bords de la rivière Arickaree. Les Cheyennes appelèrent cette bataille "Le jour où Roman Nose trouva la mort", alors que les militaires la nommèrent "l'attaque de l'Île Beecher", du nom d'un militaire tué alors.



RED CLOUD

Red Cloud, chef Lakota, est né en 1819. Il était âgé de 28 ans lorsque le général Harney entreprit de réunir toutes les nations Sioux de l'ouest à Fort Laramie, dans le Wyoming, afin de rédiger un traité. Là, un Ogallala ivre tua le père et le frère de Red Cloud. Ce dernier vengea leur mort dignement, et gagna son titre de leader auprès de sa tribu.

En 1854, alors que les tribus campaient toujours près de Fort Laramie, de jeunes Indiens tuèrent, pour se nourrir, une vache appartenant à un colon. Le lendemain, des soldats demandèrent que le vieux chef Conquering Bear leur livre les jeunes hommes, et refusèrent toute contrepartie ou compromis. Devant le refus du chef, ils le tuèrent. Red Cloud mena les jeunes Ogallalas dans une expédition punitive, et aucun soldat ne put atteindre la porte du Fort Laramie. Lors de l'attaque du Fort Phil Kearny, avec l'aide de Crazy Horse, une centaine de soldats fut abattue.

Le gouvernement voulut rétablir la paix, et envoya une commission pour traiter avec les Sioux. Le résultat fut le Traité de 1868, pour lequel Red Cloud fut le dernier à signer, réclamant le départ des soldats sur leurs territoires. Toutes les requêtes furent accordées, redonnant leurs terres aux Sioux, et leur octroyant le contrôle total des entrées des blancs. Malheureusement, le traité fut violé lors de la découverte d'or sur leurs terres. Red Cloud tenta alors de faire respecter celui-ci par la force, faisant de sa terre un endroit hors-la-loi.

Une tentative fut faite par les militaires pour rétablir le contrôle et envoyer les Indiens dans les réserves. Après maintes scènes de guérilla, une campagne militaire contre les Sioux fut mise sur pied en 1876, prenant fin avec la défaite de Custer à Little Bighorn.

Si Red Cloud ne participa aux batailles de Little Bighorn et de Little Rosebud, son fils y combattit. Red Cloud jouait surtout un rôle de conseil à cette époque. En 1876, Red Cloud fut cerné par les troupes du colonel Mc Kenzie, qui désarma son peuple et les envoya à Fort Robinson, dans le Nebraska. Puis ils furent transférés à l'Agence de Pine Ridge, où ils y vécurent pendant une trentaine d'années.

En 1880, il fit appel au professeur Marsh, de Yale, afin de dénoncer les abus et fraudes organisés par l'Agence. Les preuves ne furent jamais reconnues officiellement par les autorités. En 1890, Red Cloud fut suspecté de connivence avec la "Ghost Dance", mais aucune preuve ne fut établie.

Il décéda en 1909, à l'âge de quatre-vingt dix ans.

 


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