ABIAKA
Homme-médecine seminole, Abiaka
fut tout aussi essentiel à la machine de guerre seminole
qu'Osceola Il fut un leader
spirituel important qui utilisa sa "médecine"
pour attiser la colère et la révolte des guerriers
Seminoles contre les Américains. Il amena les Seminoles
à la victoire plusieurs fois, dont la bataille
d'Okeechobee de 1837.
Abiaka parvint à résister
à l'émigration pendant des années, et conserva la
résistance active avant et après le mouvement d'Osceola.
Finalement, affamé, encerclé, Abiaka ne demanda aucune
grâce, ni aucun compromis. Il mourut dans son dernier
campement, au Marais du Grand Cyprès.

BIG BEAR
Le jour où les Européens
s'installèrent au Canada, la manière de vivre des
autochtones fut menacée, et Big Bear,
un chef Cree, combattit toute sa vie pacifiquement afin
de redonner sa fierté à son peuple. Très vite, il fut
considéré comme un fauteur de trouble. Big Bear a
combattu les autorités avec des mots, son peuple avec
des balles, et tous les deux perdirent.
En 1887, la tribu de Big Bear
fut dispersée à travers tout le pays. Du fait que la
majorité de sa tribu se trouvait au Montana, Big Bear
mourut seul en janvier 1888.
Big Bear, comme
Louis Riel, fut l'un des leaders des Indiens des
Plaines et des Métis qui tenta de favoriser l'unité, et
fit pression sur le gouvernement de John A.
Macdonald pour que les droits des Amérindiens
soient respectés.
En 1876, Big Bear refusa de
signer un traité demandant le sacrifice des droits des
Indiens en échange de l'attribution d'une réserve.
Mais, lorsque le buffle disparut et que la famine fit ses
ravages parmi les Crees, il se résigna à signer le
traité en 1882.
Big Bear perdit alors le
contrôle de beaucoup de ses guerriers, ce qui aboutit à
l'apparition d'une tribu nomade, qui tua 9 colons, et
brûla Fort Pitt près de la
frontière Alberta-Saskatchewan. Les guerriers furent
finalement capturés, et Big Bear fut condamné pour
trahison et envoyé au pénitencier de Stony
Mountain. Au bout de deux ans de prison, il
fut transféré à la réserve Poundmaker,
et mourut un an après.

BLACK HAWK
Né en 1767 dans l'Illinois,
le chef Black Hawk de la tribu des
Sauks combattit les Américains dans la guerre de 1812
pour le compte des britanniques. Il dénonça le traité
de 1804, qui expropriait sa tribu de son territoire, et
refusa de quitter la terre de ses ancêtres.
En 1831, les blancs
utilisèrent la force pour imposer un nouveau traité qui
les contraignait à abandonner leurs terres. En avril
1832, Black Hawk, avec plus de 400 guerriers et leur
famille, retournèrent en Illinois après avoir passé
l'hiver dans l'Iowa. Il trouva son territoire envahi par
les colons qui refusèrent de s'en aller. Des troupes
militaires furent chargées d'expulser les Sauks, et les
pourchassèrent à travers l'Illinois et le Wisconsin.
Déçu de ne pas obtenir de soutien de la part des
britanniques, Black Hawk admit sa défaite. Cependant,
lorsqu'un de ses émissaires de paix fut tué de sang
froid, Black Hawk répliqua en attaquant avec succès une
force bien supérieure en nombre, puis il se retira dans
le Wisconsin.
Le général Henry
Atkinson rassembla alors un bataillon de
volontaires. La dernière bataille fut menée sur la
rivière Bad Axe, où Black Hawk fut attaqué par les
blancs et une tribu de Sioux. Pris au piège entre un
canon monté sur un bateau et 1300 soldats, il hissa un
drapeau blanc, geste qui fut ignoré, et la majorité de
son groupe fut exterminé, femmes et enfants compris.
Black Hawk parvint à
s'enfuir, et se rendit à Winnebago où il fut
emprisonné. Là, il fut contraint de céder la partie
est de l'Iowa. Relâché en 1833, il rejoignit ce qui
restait de sa tribu et de sa famille dans l'Iowa. Il
mourut en 1838.

CHEF BLACK
KETTLE
Le chef Black
Kettle vivait sur le vaste territoire de
l'ouest du Kansas et de l'est du Colorado, qui avait
été garanti aux Cheyennes par le traité du Fort
Laramie en 1851. Cependant, en moins de dix
ans, la découverte d'or amena une population importante
au Colorado. Le gouvernement fit alors signer un
deuxième traité, reprenant les terres aux Cheyennes, ne
leur laissant que la réserve de Sand Creek
dans le sud-est du Colorado. Black Kettle l'accepta en
1861, de crainte que le pouvoir militaire ne les écrase.
La réserve, cependant, ne
pouvait assurer la subsistance des indiens. Aussi les
épidémies se propagèrent rapidement. Les jeunes
indiens s'enfuirent de la réserve et commencèrent alors
à effectuer des raids chez les colons. Ces derniers
envoyèrent leur milice à leur recherche, milice qui
ouvrit le feu sur le premier groupe Cheyenne en vue, en
l'occurrence des innocents.
Cet incident créa un
soulèvement chez les indiens des Grandes Plaines. Black
Kettle, pourtant, comprit que le pouvoir militaire était
trop fort, et conclut un marché avec le Fort
Weld : ramener les insoumis à la réserve de
Sand Creek en échange de leur sécurité.
Mais ce pacte fut trahi par
le
colonel John
Chivington,
chef du Troisième Corps de Volontaires du Colorado. Il
attaqua le campement de Black Kettle le 29 novembre 1864,
massacrant plus de deux cent Cheyennes, dont beaucoup de
femmes et d'enfants, puis les mutilant et les scalpant.
Black Kettle échappa à la tuerie, mais continua malgré
tout à prôner la paix et à empêcher les raids sur les
colons. En octobre 1865, avec plusieurs chefs indiens, il
signa un autre traité qui échangeait les réserves de
Sand Creek contre celles du sud-ouest du Kansas, mais qui
les dépossédait également de leurs territoires de
chasse du Kansas.
Seule une partie de la nation
Cheyenne suivit Black Kettle et les autres chefs dans ces
nouvelles réserves. D'autres rejoignirent les Cheyennes
du Nord sur le territoire lakota. Beaucoup ignorèrent
simplement le traité, et continuèrent à vivre sur les
terres natales. Ce dernier groupe, mené par le chef
Roman Nose, se battit furieusement contre le général William Tecumseh Sherman, ce qui amena l'arrêt de tout trafic
à l'ouest du Kansas pendant un moment.
Le gouvernement voulut une
fois de plus faire transférer les Indiens dans deux
minuscules réserves, où elles recevraient des
provisions annuellement. Black Kettle fit partie des
chefs qui signèrent ce traité, le Traité de
la Medecine Lodge en
1867. Cependant, une fois installées, les tribus ne
reçurent jamais la nourriture promise, ce qui entraîna
le départ des Indiens vers le groupe de Roman Nose
.
En août 1868, Roman Nose mena une série de raids sur les
fermes du Kansas. Sous les ordres du général Philip
Sheridan, trois colonnes de troupes
rejoignirent la Septième Cavalerie de Custer, pour mener la contre-attaque. Il
s'avérait que les traces de replis des groupes menant
les raids conduisaient au village de Black Kettle, sur la
rivière Washita.
Le 27 novembre 1868, les
troupes de Custer attaquèrent le village de Black
Kettle, et tuèrent ce dernier.

BIG FOOT
Big Foot fut le
leader du groupe Miniconjou, massacré dans la crique de Wounded
Knee le 29 décembre 1890.
Big Foot et son peuple
vécurent dans la réserve de Cheyenne River,
et furent les croyants les plus enthousiastes de la
cérémonie de la Ghost Dance. La
famine et la misère qu'ils trouvèrent dans leur
réserve, lors de la défaite finale en 1889, firent que
les Lakotas trouvèrent refuge dans le message de
Renouvellement Messianique de la Ghost Dance. Le
mouvement envahit rapidement tout le campement, alertant
les agents indiens locaux. Plusieurs danseurs furent
supprimés, d'autres rappelés à l'ordre par les
troupes.
A la réserve de Standing
Rock, où Sitting Bull
fut suspecté d'encourager la Ghost Dance dans le but de provoquer un
soulèvement, il y eut une effusion de sang lorsque la
police indienne tua Sitting Bull
lors de son arrestation. Beaucoup de
la tribu du vieux chef décédé s'échappa alors pour se
réfugier auprès de Big Foot.
Ce dernier décida de
conduire son peuple loin de la violence rencontrée à
Standing Rock, et s'échappa vers le sud, à Pine
Ridge, espérant y trouver la sécurité.
Malade, Big Foot n'avait plus d'intentions belliqueuses,
et portait un drapeau blanc lorsque les patrouilles
militaires les capturèrent le 28 décembre 1890. Cette
nuit-là, Big Foot et sa tribu campèrent près de la
crique de Wounded Knee, cernés par
les soldats.
Le matin suivant, les soldats
installèrent des mitrailleuses tout autour du camp, et
commencèrent à confisquer les armes aux indiens.
Lorsqu'un coup de feu partit accidentellement, les
soldats ouvrirent le feu, et en quelques minutes,
tuèrent plus de 370 lakotas. Puis ils poursuivirent les
femmes et les enfants, pour les abattre à plusieurs
kilomètres du lieu de la confrontation première.
Big Foot fut le premier à
être abattu à Wounded Knee.

COCHISE
Né en 1810, Cochise
fut le chef du groupe Chokonen de la tribu Apache
Chiricahua. En 1861, Cochise fut fortement suspecté
d'avoir enlevé l'enfant d'un rancher, et d'avoir volé
son bétail. Le lieutenant George
Bascom accusa très vite Cochise et voulut
l'arrêter, malgré les dires de Cochise sur son
innocence. De ce fait, ce dernier s'échappa avec sa
femme.
Après plusieurs semaines de
combat, deux compagnies de dragon conduisirent les
Apaches qui restaient au Mexique, où ils les
massacrèrent. Bascom fit pendre
tous les otages masculins, dont le frère de Cochise. En
représailles, les Apaches tuèrent près de 150 blancs
et mexicains sur une période de deux mois. Vers la fin
de 1861, les soldats quittèrent la région de
Chiricahua, pour partir à la guerre dans l'Est. Bascom
mourut plus tard au cours d'une bataille, fauché par une
boule de canon.
Au matin du 30 avril 1871,
150 mercenaires anglais, mexicains et indiens Papago
attaquèrent un camp indien endormi, où ils
massacrèrent une centaine d'innocents, des femmes et des
enfants pour la plupart. Les survivants furent placés en
esclavage. Le président américain, Ulysse S.
Grant, fut indigné par cet épisode, et
envoya une commission de paix en Arizona, conduite par le
général Oliver Howard et Vincent Coyler.
Howard arrangea également une rencontre avec Cochise à
l'automne, grâce à l'intervention de Thomas
Jeffords.
Cochise était amer, mais
réalisait qu'il menait un combat perdu d'avance. Après
onze jours de négociation, le général accorda à
Cochise une réserve sur les terres Chiricahua, avec Jeffords
en tant qu'agent. En contrepartie, Cochise tint parole,
son peuple vécut paisiblement jusqu'à sa mort en 1874.
A partir de cette date, le gouvernement brisa le traité
signé par Cochise et déplaça sa tribu de leurs
montagnes vertes vers le désert aride de l'Arizona.
Le plus jeune fils de
Cochise, Naiche, et Geronimo s'enfuirent avec la tribu et se
cachèrent dans les montagnes de Chiricahua. Ils
réussirent à rester libres pendant dix ans, ne se
rendant finalement qu'en 1886.

CRAZY HORSE
Crazy Horse
(Tashunkewitko), chef Sioux, est né sur la Rivière
Républicaine en 1845. Il est mort, tué à Fort
Robinson, au Nebraska, en 1877.
Dès l'âge de 16 ans, il se
fit connaître auprès de ses congénères en tant que
guerrier très brave, et au sens de l'honneur
développé. Lors de l'attaque du fort Phil
Kearny, à l'âge de 20 ans, Crazy Horse fut
désigné pour attirer les soldats hors du fort. Le
stratagème qu'il utilisa lui fit obtenir la
reconnaissance de son statut de chef, et SittingBull l'appuya fortement pour l'imposer en
tant que leader principal de la guerre. En 10 ans de
guerre, il n'a perdu qu'une ou deux batailles.
Lors d'une réunion de toutes
les tribus en 1876, Crazy Horse et 700 guerriers
combattirent les troupes du GénéralCrook, composées pour beaucoup de tribus Crow,
envoyées pour en finir avec eux. Les forces du Général
Crook furent mises en déroute, puis ce fut le tour du Général Custer, qui trouva la mort le 25 juin 1876
lors de l'attaque du camp de Crazy Horse.
Si Sitting Bull fut poursuivi jusqu'au Canada, Crazy
Horse et les Cheyennes furent relativement tranquilles.
De temps en temps, des délégations d'indiens amicaux
lui furent envoyées afin de le convaincre de se rendre
dans une réserve, où il serait traité convenablement.
Finalement, avec la
disparition du buffle qui était la principale source de
leur nourriture, Crazy Horse fut amené à devoir
accepté la proposition et, en juillet 1877, il se rendit
avec plusieurs centaines d'indiens à Fort
Robinson, dans le Nebraska, avec l'assurance
que les indiens seraient écoutés par le gouvernement.
Il mourut peu après, tué
d'un coup de baïonnette, lors d'un guet-apens organisé
par le Général Crook et plusieurs indiens, dont Little Big Man, selon de nombreux indiens présents
alors. Ses parents enlevèrent le corps, et nul ne
dévoila le lieu de son enterrement.

CROWFOOT
Crowfoot, chef
de la tribu Pieds-Noirs, s'est imposé en tant que chef
dans la région d'Alberta vers 1830.
Jeune homme, il participa aux
pillages qui étaient la tradition de sa tribu. Bien que
peu soutenu par ses pairs, il démontra bientôt ses
capacités de leader.
En 1874, du fait que beaucoup
de sa tribu souffraient des effets de l'alcool et des
pistolets fournis par des commerçants américains,
Crowfoot fit bon accueil aux nouvelles de la création de
la police montée du Nord-Ouest. Quand cette dernière
arriva, il devint l'ami de James Farquharson
Macleod, commissaire auxiliaire.
Grâce, en grande partie, aux
efforts de Crowfoot, des relations amicales ont été
établies et entretenues entre la police et les tribus
des Pieds-Noirs. En 1877, Crowfoot a signé le Traité 7
au nom de sa tribu. Et ceci, en dépit des années à
venir difficiles pour les Pieds-Noirs, du fait de la
disparition du buffle et de la famine engendrée alors.
Malgré cela, Crowfoot refusa de rejoindre Louis Riel dans sa rébellion, et plus tard fut
honoré par le Premier ministre
John A. Macdonald et le gouverneur
général Lansdowne pour sa fidélité à la
Reine Victoria.
Crowfoot est mort dans la
réserve près de Gleichen, en Alberta, le 25 avril 1890.
Il fut considéré par beaucoup des autochtones comme un
traître à leur cause.

DULL KNIFE
Dull Knife fut
un chef Cheyenne de la vieille école. Honnête et
simple, il sut mériter la confiance et la reconnaissance
de son peuple.
Vers 1875, les Américains
commencèrent à enfermer les Indiens dans les réserves,
afin de s'emparer de leurs terres. Le gouvernement entama
des négociations de paix, mais toujours avec l'appui
militaire. Un petit nombre résista, et se déclara en
guerre : le Chef Joseph des Nez-Percés, et le Chef Standing Bear des Poncas, attirèrent leur peuple
aux Etats-Unis, et réussirent à obtenir des portions de
terre où ils partirent s'installer. Dull Knife n'eut pas
cette chance. Il fut considéré comme un homme dangereux
par les autorités, et fut placé avec sa tribu sans son
consentement sur des réserves indiennes. Quand il
réalisa que son peuple était en train de mourir
lamentablement, il s'enfuit avec l'accord de sa tribu
vers leurs territoires du Nord.
Bien que le trajet soit long
et périlleux, il parvint à éviter les troupes
militaires à sa poursuite, et à atteindre leur sol
natal. Mais, du fait de la famine, quelques Indiens
trahirent Dull Knife, et livrèrent sa tribu aux soldats.
Ils furent conduits à Fort Robinson,
les hommes enfermés dans des cellules, les femmes et les
enfants parqués dans le fort. Ce furent les femmes qui
se révoltèrent les premières, et poussèrent les
guerriers à tenter de s'enfuir. Elles leur amenèrent
quelques armes, et participèrent à la tentative
d'évasion. Tous les membres étaient prêts à donner
leur vie plutôt que subir la mort lente de cet
enfermement.
La tentative échoua, par
manque d'armes, et tous se firent massacrer par les
soldats en place.

CHEF GALL
Le chef Gall
est l'un des leaders les plus agressifs de la Nation
Sioux. Il fut l'un des proches de Sitting Bull, son principal soutien. Il défendait
vigoureusement les droits de son peuple sur les plaines
des buffles, et croyait pouvoir faire respecter les
accords passés avec le gouvernement.
Quand le Traité de
1868 fut bafoué, il rejoignit Sitting Bull pour défendre leurs territoires, et
s'enfuit avec lui au Canada après la bataille de Custer. Ils pensaient être entendus par le
gouvernement canadien, et furent très déçus de devoir
rentrer sur le territoire américain.
Finalement, Gall se présenta
à Fort Peck, au Montana, en 1881, suivi par la moitié
du groupe Hunkpapa, où il fut bientôt rejoint par Sitting Bull. Malgré le fait que Gall avait reçu
l'assurance qu'il n'y aurait pas de représailles sur son
peuple, il sut rapidement que beaucoup d'indiens furent
attaqués.
Dès le printemps, le chef
Gall et son peuple furent considérés comme prisonniers
de guerre, et transférés à l'agence de Standing
Rock où il mourut.

GERONIMO
Geronimo
(Goyathlay), est né en 1829 dans l'ouest du Nouveau
Mexique. Leader des Apaches à Sonora, sa carrière
guerrière fut liée à celle de son beau-frère, Juh,
un chef Chiricahua. Il fut entre autre son porte-parole.
En effet, Geronimo ne fut jamais un chef indien, mais un
Homme Médecine, hautement respecté par tous les chefs
Apaches de sa région.
Geronimo fut le meneur des
derniers combattants indiens qui capitulèrent
cérémonieusement devant le gouvernement américain. Il
a toujours combattu le découragement de son peuple, et
est celui qui a tenu le plus longtemps face aux troupes
américaines.
Ce fut le massacre de la
femme et des enfants de Geronimo, perpétré par les
troupes espagnoles au Mexique, qui a poussé celui-ci
dans cette lutte guerrière. Très vite, ses pairs
reconnurent sa bravoure et ses capacités de leader.
En 1875, tous les Apaches du
Rio Grande furent transférés dans la réserve de San
Carlos, une terre aride. Geronimo parvint à
s'enfuir plusieurs fois de cette réserve, mais se rendit
à chaque fois. En 1876, Geronimo se réfugia au Mexique.
En 1882, retrouvé par les indiens au service du
gouvernement américain, il accepta de se rendre pour
retrouver son peuple. Mais, en 1885, il s'échappa de
nouveau avec, cette fois, 35 guerriers et 109 femmes et
enfants. En janvier 1886, des apaches à la solde du général Crook les forcèrent à se rendre. De
nouveau, il s'échappa, mais fut rattrapé par le général Nelson Miles en septembre 1886. Geronimo et 450
apaches furent envoyés en Floride en détention dans les
forts Marion et Pickens.
En 1894, ils furent transférés à Fort Sill,
en Oklahoma. Geronimo devint alors un rancher, et
participa à la parade d'inauguration de Théodore
Roosevelt, en 1905.
Il mourut en 1909, prisonnier
de guerre, sans avoir jamais pu rentrer chez lui.

CHEF JOSEPH
Le Chef Joseph,
ou In-mut-too-yah-lat-lat, fut connu pour sa résistance
face aux tentatives du gouvernement de forcer sa tribu
des Nez-Percés à se rendre dans les réserves.
Cette tribu était une nation
pacifique, qui s'étendait de l'Idaho au nord de
Washington. Elle a maintenu de bonnes relations avec les
blancs après l'expédition de Lewis et Clark. Joseph a
passé la majeure partie de son enfance dans un mission
tenue par les missionnaires Chrétiens.
En 1855, le père du Chef
Joseph, Old Joseph, signa un traité
avec le gouvernement, qui autorisait son peuple à rester
sur les terres de leurs ancêtres. En 1863, un autre
traité réduisait la surface allouée, mais Old
Joseph ignora volontairement ce traité.
L'épreuve de force commença
avec l'arrivée du Chef Joseph en 1877. Après plusieurs
mois de marches forcées et de combats, beaucoup de
Nez-Percés furent envoyés dans les réserves de
l'Oklahoma, où la plupart mourut de malaria et de
famine.
Chef Joseph tenta à
plusieurs reprises d'obtenir des autorités fédérales
le retour de son peuple sur ses terres. En 1885, il fut
envoyé avec sa tribu dans une réserve près de
Washington, où il mourut le coeur brisé.

JOSEPH
BRANT
Joseph Brant
(Thayendanegea), chef Mohawk, est né en 1742 sur les
bords de la rivière Ohio. Il hérita du statut de chef
par son père. Il eut une éducation poussée, apprit à
parler anglais et étudia l'histoire et la littérature
de l'Ouest. Grâce à cela, il devint très vite
l'interprète des missionnaires anglais.
Sa soeur épousa le
Superintendant britannique aux Affaires Indiennes, Sir
William Johnson, qu'il suivit avec les braves
de son école à la guerre dès l'âge de 13 ans. Par la
suite, il devint le secrétaire de son successeur, Guy
Johnson, et l'accompagna en
Angleterre.
A son retour, en 1776, par
crainte de perdre les terres de ses ancêtres, il mena
quatre des six Nations de la Ligue Iroquoise
à l'attaque des avant-postes coloniaux à la frontière
de New-York, contre les révolutionnaires Américains.
Puis, en 1777, il commanda les indiens à la bataille de Oriskany.
En 1778, il détruisit le fort et la ville de Cherry
Valley, que l'on appela ensuite "le massacre
de Cherry Valley". En 1779, ses guerriers
subirent une grande défaite face au major général John Sullivan, mais la ligue continua à effectuer
des raids.
Vers 1782, Brant dû chercher
d'autres territoires pour lui et son peuple, du fait de
l'invasion des colons sur ses terres. Néanmoins, il
découragea tout acte guerrier de la part de ses hommes,
et aida les Américains à établir les traités de paix
avec les Miamis et les autres tribus. En récompense,
il obtint 675 000 acres de terres en Ontario, où il
s'installa avec son peuple.
En 1784, la Ligue Iroquoise
prit fin avec le second Traité de Fort Stanwix,
où elle admit sa défaite.
Brant dû se rendre en 1785
en Angleterre afin d'obtenir le titre légal de
propriété des terres acquises, mais ne reçu que des
compensations financières pour les pertes subies dans la
guerre contre l'indépendance américaine. C'est pour
cette raison que la transaction terrienne est aujourd'hui
remise en question.
Brant continua son travail de
missionnaire, en favorisant l'éducation et l'étude, et
réalisa la traduction de l'Ancien et du Nouveau
Testament en langage Mohawk. Il mourut en 1807.
LITTLE BIG
MAN
Guerrier Oglala Sioux
respecté et sans peur, Little Big Man
lutta aux côtés de Crazy Horse contre le colonelNelson Bear Coat Miles. En effet, il fut l'un des plus
ardents défenseurs des Montagnes Noires, appartenant aux
Sioux, qu'une Commission voulait obtenir par traité.
Plus tard, il devint policier
d'agence dans une réserve, et fut, semble-t-il, en
partie responsable de la mort de Crazy Horse, assassiné d'un coup de baïonnette.

LITTLE
TURTLE
Reconnu comme le dernier chef
des Indiens Miami, Little Turtle est
né en 1782 en Indianna. Fils du chef miami Acquenacke
et d'une mère mohican, il mena la confédération des
guerriers Miami, Shawnee, Ojibway, Delaware, Potawatomi
et Ottawa, qui assenât une défaite au Général Arthur Saint Clair, à Fort Recovery
le 3 novembre 1791.
Sur 1300 soldats de l'armée,
602 furent tués et 300 blessés, contre seulement 66 du
côté des indiens, qui eux comptaient 1000 guerriers. Ce
fut la plus grande défaite que connurent les Américains
infligée par les indiens.
Il combattit plus tard les
milices américaines qui voulaient les punir, lui et
d'autres tribus, pour avoir piller des colonies
américaines dans les territoires du Nord-Ouest. Il gagna
contre les troupes du Général Josiah Harmar et contre celles du Général Arthur Saint Clair dans les années 1790.
Ils demeurèrent invaincus
jusqu'en 1793, jusqu'à leur déroute à la bataille de Fallen
Timbers, bataille contre la garnison d'Anthony Wayne, en août 1794. Cette défaite mise
effectivement fin à deux décennies de guerre. En 1795,
Little Turtle signa le Traité de Fort
Greenville, cédant les terres indiennes de
l'Ohio, du Michigan, de l'Indianna et de l'Illinois,
propriété d'une confédération d'indiens connue en
tant que la Confédération Indienne du
Nord-Ouest.
Après cela, Little Turtle
exhorta à la paix et demanda à son peuple de ne pas
rejoindre la confédération de Tecumseh. Il se battit contre l'alcoolisme et
les ravages des épidémies en faisant la promotion des
vaccins. Il rencontra par la suite George
Washington à Philadelphie en 1797, avant de
décéder le 14 juillet 1812 à Fort Wayne, dans
l'Indianna.
MANGAS
COLORADAS
Né en 1797, Mangas
Coloradas fut le chef du groupe Apache
Mimbrenos du sud-ouest au Nouveau Mexique.
En 1837, beaucoup de
Mimbrenos furent massacrés par les trappeurs, résultat
de la générosité affichée par les autorités
mexicaines envers les scalps des Apaches. Mangas
Coloradas organisa alors la réunion des tribus et mena
une guerre de revanche. Il s'ensuivit le
"nettoyage" des colons de la zone.
Quand les Américains prirent
possession du Nouveau Mexique en 1846, il entérina
l'amitié avec ces conquérants, contre leurs ennemis
mexicains. Mais la paix prit fin avec la ruée vers l'or.
En 1851, une série d'incidents généra une grande
hostilité, dont l'humiliation de Mangas Coloradas
lorsqu'il reçut des coups de fouets sur les mains par
des mineurs. A la tête de ses guerriers, il fit une
guerre continuelle, jusqu'à ce qu'il soit finalement
capturé et tué par les soldats de l'Union en 1863.

OSCEOLA
Osceola est né
en 1804. Bien qu'il ne fut pas chef par hérédité ou
élu, il fut un jeune leader Seminole provoquant par sa
résistance à l'émigration indienne. En 1835, il
plongea son couteau dans le traité que les Américains
lui demandaient de signer, dans le but de déplacer son
peuple vers le territoire inoccupé du Mississippi ouest.
L'acte provoqua la deuxième guerre Seminole, un jeu en
Floride du chat et de la souris qui dura 7 ans contre les
troupes fédérales.
Osceola marqua l'Histoire par
ses combats victorieux contre cinq généraux
américains, l'assassinat d'un agent américain aux
affaires indiennes, et imposa l'idée d'un peuple fort et
qui ne se rend pas. Il fut aidé par Abiaka.
Dupé par des faux
pourparlers de paix avec le général Thomas
Jessup, il fut capturé en 1837 alors qu'il
portait un drapeau blanc en signe de trêve, et fut
emprisonné à Fort Moultrie, en Caroline du Sud. Cette
tromperie révolta George Catlin qui lui rendit visite en prison dès
qu'il le sut. Ils devinrent amis, et Osceola accepta
volontiers de poser pour faire son portrait. Catlin
écrivit que "cet individu brave a l'esprit cassé,
et il est prêt à mourir dès que son souffle
finira". Peu après que son portrait soit achevé,
Osceola mourut de malaria en 1838.
Le nom d'Osceola est issu du
terme indien "Asiyahola", le cri poussé par
ceux qui boivent la boisson noire de cérémonie, qui est
supposée nettoyer le corps et l'esprit.

POUNDMAKER
Chef Cree visionnaire et le
plus grand chasseur de son temps, Poundmaker
(1826-1886) a démontré qu'il était préoccupé par
l'avenir de son peuple en étant réticent à accepter le
Traité no 6.
Comme son père adoptif, Crowfoot, Poundmaker a négocié la paix avec
les Blancs. Devant le mécontentement montant face à la
mauvaise gestion du gouvernement et dont la Révolte
du Nord-Ouest en a été le point culminant,
il a incité son peuple à la retenue et a ainsi évité
que le sang ne coule davantage à la bataille de Cut-Knife
Creek. Suite à la rébellion, Poundmaker a
été emprisonné pour «haute trahison» et il est mort
peu de temps après sa mise en liberté, brisé et aigri.
Ce n'est que plus tard qu'on
a reconnu son rôle indéfectible comme défenseur de la
paix et de son peuple.

ROMAN NOSE
Roman Nose, un
chef Cheyenne, fut un contemporain de Dull Knife. Alors que ce dernier combattait des
Indiens, Roman Nose fit ses armes contre les blancs. Il
fut d'ailleurs celui qui attaqua le plus les colons entre
1860 et 1868, et notamment les mormons.
Né en 1830, il devint très
vite un guerrier et un leader de guerre. Il combattit à
la bataille de Platte Bridge en 1865, ainsi que dans la
guerre contre l'itinéraire Bozeman.
En 1867, il participa à des raids et aux pourparlers qui
précédèrent le Conseil de la Medecine Lodge.
Il refusa de signer le traité rédigé par le Conseil.
En 1868, des indiens
pénétrèrent dans un camp colons blancs, et tentèrent
de voler les chevaux. Roman Nose ne les accompagnait
pas du fait de sa trop grande célébrité, qui le
démasquait immédiatement où qu'il aille. Lors d'une
attaque en 1868 contre un corps de troupe dirigé par le général
Forsythe, Roman Nose trouva la mort au combat,
sur les bords de la rivière Arickaree. Les Cheyennes
appelèrent cette bataille "Le jour où Roman Nose
trouva la mort", alors que les militaires la
nommèrent "l'attaque de l'Île Beecher", du
nom d'un militaire tué alors.

RED CLOUD
Red Cloud, chef
Lakota, est né en 1819. Il était âgé de 28 ans
lorsque le général Harney entreprit de réunir toutes
les nations Sioux de l'ouest à Fort Laramie,
dans le Wyoming, afin de rédiger un traité. Là, un
Ogallala ivre tua le père et le frère de Red Cloud. Ce
dernier vengea leur mort dignement, et gagna son titre de
leader auprès de sa tribu.
En 1854, alors que les tribus
campaient toujours près de Fort Laramie, de jeunes
Indiens tuèrent, pour se nourrir, une vache appartenant
à un colon. Le lendemain, des soldats demandèrent que
le vieux chef Conquering Bear leur
livre les jeunes hommes, et refusèrent toute
contrepartie ou compromis. Devant le refus du chef, ils
le tuèrent. Red Cloud mena les jeunes Ogallalas dans une
expédition punitive, et aucun soldat ne put atteindre la
porte du Fort Laramie. Lors de l'attaque du Fort
Phil Kearny, avec l'aide de Crazy Horse, une centaine de soldats fut abattue.
Le gouvernement voulut
rétablir la paix, et envoya une commission pour traiter
avec les Sioux. Le résultat fut le Traité de
1868, pour lequel Red Cloud fut le dernier à
signer, réclamant le départ des soldats sur leurs
territoires. Toutes les requêtes furent accordées,
redonnant leurs terres aux Sioux, et leur octroyant le
contrôle total des entrées des blancs. Malheureusement,
le traité fut violé lors de la découverte d'or sur
leurs terres. Red Cloud tenta alors de faire respecter
celui-ci par la force, faisant de sa terre un endroit
hors-la-loi.
Une tentative fut faite par
les militaires pour rétablir le contrôle et envoyer les
Indiens dans les réserves. Après maintes scènes de
guérilla, une campagne militaire contre les Sioux fut
mise sur pied en 1876, prenant fin avec la défaite de Custer à Little Bighorn.
Si Red Cloud ne participa aux
batailles de Little Bighorn et de Little
Rosebud, son fils y combattit. Red Cloud
jouait surtout un rôle de conseil à cette époque. En
1876, Red Cloud fut cerné par les troupes du colonel
Mc Kenzie, qui
désarma son peuple et les envoya à Fort
Robinson, dans le Nebraska. Puis ils furent
transférés à l'Agence de Pine Ridge,
où ils y vécurent pendant une trentaine d'années.
En 1880, il fit appel au professeur
Marsh, de Yale, afin de dénoncer les abus et
fraudes organisés par l'Agence. Les preuves ne furent
jamais reconnues officiellement par les autorités. En
1890, Red Cloud fut suspecté de connivence avec la
"Ghost Dance", mais aucune preuve ne fut
établie.
Il décéda en 1909, à
l'âge de quatre-vingt dix ans.
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