![]() |
Chef Joseph |
|
|
||
| Chef Joseph fut l'un des chefs de la tribu des Nez-Percés. Ils vivaient en bonne entente avec les blancs avant 1877. Mais cette entente fut compromise à la suite de la découverte d'or sur leur terrain de chasse dans l'Oregon. Il s'en suivi une guerre entre blancs et Nez-Percés. Bien entendu les indiens furent obligés de se rendre mais après une formidable leçon de courage pour qui connaît cette histoire : environ 800 d'entre eux fuirent devant l'avancée yankee et parcoururent près de 1700 km. A la fin de cette longue fuite, Chef Joseph fut contraint de signer avec le colonel Nelson Miles la reddition de son peuple, à seulement 46km de la frontière canadienne le but de leur épopée. Il furent ensuite déportés dans une réserve du Kansas où bon nombre moururent de maladie. Chef Joseph, quant à lui, y mourut à l'age de 64 ans. | ||
|
||
| «Mon père m'a fait appeler. J'ai vu qu'il allait mourir. J'ai pris sa main dans la mienne. Il m'a dit : | ||
| Mon fils, mon corps retourne vers ma mère la terre, et mon esprit va bientôt voir le Chef Grand Esprit. Quand je serai parti, pense à ton pays. Tu es le chef de ce peuple. Ils attendent de toi que tu les guides. Rappelle-toi toujours que ton père n'a jamais vendu son pays. Tu dois te boucher les oreilles chaque fois qu'on te demandera de signer un traité pour vendre ton pays natal. Encore quelques années et les hommes blancs t'encercleront. Ils ont les yeux sur cette terre. N'oublie jamais, mon fils, mes paroles de mourant. Cette terre renferme le corps de ton père. Ne vends jamais les os de ton père et de ta mère. | ||
| J'ai pressé la main de mon
père et je lui ai dit que je protègerai sa tombe de ma
propre vie. Mon père a souri et s'en est allé vers la
terre des Esprits. Je l'ai enterré dans cette belle vallée où l'eau serpente. J'aime cette terre plus que tout le reste au monde. Un homme qui n'aimerait pas la tombe de son père serai pire qu'un animal sauvage.» |
||
|
||
| «Tous les hommes ont été
créés par le même Esprit Divin. Nous sommes tous
frères. Notre terre est la mère de tous les êtres
humains, et tous devraient bénéficier de ses bienfaits
de manière égale. Je sais que nous autres, Indiens,
devons changer... Nous voulons seulement avoir les mêmes droits que les autres hommes, nous voulons être comme faisant partie de l'humanité. Et lorsque l'Indien sera traité par l'homme blanc comme tout autre être humain, alors nous ne connaîtrons plus la guerre. Nous aimerions être les enfants d'une même et seule famille sous un seul et unique ciel entouré du même pays, et nous prions pour que cela advienne.» |
||
|
||
| «Je suis fatigué de ma battre. Nos chefs ont été tués. Looking Glass est mort. Too-Hul-Hul-Sote est mort. Tous les anciens sont également morts... Celui qui dirigeait nos jeunes gens, Ollokot, est mort. Oh ! il fait si froid et nous n'avons pas de couvertures. Nos petits enfants meurent de froid. Certaines personnes parmi mon peuple se sont enfuies dans les collines, elles n'ont ni couvertures ni nourriture. Personne ne sait où elles sont allées, peut-être sont-elles déjà morte de froid. Je veux qu'on me laisse du temps pour rechercher mes enfants, et voir combien je peux en retrouver vivants. Il se peut que je les retrouve parmi les morts. Ecoutez-moi, dites au Général Howard que je connais son coeur. Le mien est triste et tourmenté. A partir de ce jour, de l'endroit où se tient le soleil, je ne combattrai plus jamais !» | ||
|
||
| Ces trois textes ne sont pas mis dans un ordre aléatoire, ils sont là pour montrer à quel point les blancs ont réussi à faire plier la volonté d'un homme et avec lui celle de tout un peuple. En 1883, le président Hayes autorisa une petite partie de la bande de Chef Joseph a regagné leur terre, ce dernier n'y fut pas autorisé et resta dans la réserve Coville dans l'état de Washington où il mourut en 1904. Le départ de ce groupe ne se fit pas tout seul, voici un discours qu'il prononça le 14 janvier 1879 devant le Congrès : | ||
« J'ai
serré la main a beaucoup d'amis, mais il y a des choses
que je veux savoir et que pas un ne semble capable
d'expliquer. Je ne peux pas comprendre comment le
gouvernement qui envoie un homme combattre, comme il le
fit avec le général Miles, peut ensuite rompre ses
promesses. Un tel gouvernement a quelque chose de mauvais
en lui... Je ne comprends pas pourquoi rien n'est fait
pour mon peuple. J'ai entendu discours après discours
mais rien n'est fait. Les bonnes paroles ne servent à
rien s'il n'en sort quelque chose. Les paroles ne me
rendent pas mes morts. Elles ne me rendent pas mon pays
envahi aujourd'hui par l'homme blanc. Elles ne protègent
pas la tombe de mon père. Elles ne me rendent pas mes
chevaux et mon bétail.
|
||
|
||
| «Nos pères nous ont transmis de nombreuses lois, qu'ils avaient apprises eux-mêmes de leur pères. Elles disaient de traiter les hommes comme ils nous traitent, que nous ne devions jamais rompre un accord les premiers, que c'était une honte de dire des mensonges, que seule la vérité devait être dite.» |