Les Bisons.



Troupeau de buffalos



Citation de Red Oak, le vieux chef Sioux.
 
Quand le bison était libre, nous étions libres, ce furent les bonnes années. Bien que les troupeaux de bisons ne couvrent plus les grandes plaines, nous nous en souviendrons longtemps.



Tatanka, le bison
 
Les prairies qui s'étendaient à perte de vue dans le Mid-Ouest étaient les terres de chasse des Sioux. Ces tribus nomades, dont les coiffes de plumes et les vêtements décorés de perles sont devenus les symboles même des amérindiens, dépendaient alors entièrement de cet animal pour leur survie.
 

Chasse


Le bison et les Indiens d'Amérique
 
1492 - Christophe COLOMB découvre le nouveau Monde. A cette époque, les bisons vivent sur tout le territoire de l’Amérique du Nord, seulement limités dans leur extension par les étendues glacées du Grand Nord et les déserts torrides du sud. Le troupeau est estimé à 70 millions de têtes.
Leurs seuls ennemis naturels sont les loups et les Indiens. Ceux-ci chassent le bison à pied à l’arc où à la lance. La population Indienne pour toute l’Amérique du Nord est d’environ un million d’individus. Le bison était leur centre de vie, leur fournissant nourriture, vêtements, abri et une grande partie de leur culture.

 

 

Le pouvoir du bison
 
Dans la région des Plaines, plus que n’importe où dans le monde, un animal en vint à dominer l’existence d’un peuple et à façonner ses structures sociales.
Le mode de vie des Indiens des Plaines était centré sur le bison et, au début du 19é siècle, presque tout ce que les tribus des Plaines utilisaient dérivait de cet animal. L’alimentation à base de viande, la peau servant à l’habitat, aux vêtements, aux objets utilitaires et à l’artisanat, tout dépendait de la chair, de la fourrure, des os, de la peau, des tendons et des cornes de l’animal.
Il n’est donc pas surprenant qu’un agent ait noté en 1858 que le bison était le soutien de la vie des tribus nomades des Plaines (U.S. Comm.Indian Affairs, 1858 : 435). Il existait par ailleurs un puissant lien spirituel entre le bison et la femme, tous deux étant perçus comme possédant le pouvoir d’assurer la pérennité de l’existence.
Il ne fait aucun doute que les tribus nomades des Plaines exploitaient leur riche environnement au maximum. Elles se souciaient peu de produire de la nourriture, ne possédaient ni troupeaux ni cultures de maïs.


L’utilisation du Bison.

Tout était utilisé, sa viande bien sûr, mais aussi la peau pour confectionner les tipis, des couvertures, des boucliers, des mocassins, des sacs, etc. Les tendons servaient de fil à coudre et de cordes d'arc. Des cuillères étaient faites avec les cornes et la colle avec les sabots. Rien n'était gâche, même le crâne servait dans les cérémonies religieuses.  
Chasse au bison de Bodmer

 

Le bison était un élément fondamental de la culture des Grandes Plaines et plus de 80 produits dérivés de cet animal et répertoriés dans le tableau ci-dessous étaient communément utilisés par les tribus indiennes.
Il n’est de ce fait pas étonnant que le bison ait eu une place centrale dans les cérémonies et la religion car sa présence étaient déterminante pour la vie des Indiens. Il existait par ailleurs un spirituel entre la femme et le bison.


Chasse à pied

Comment les Indiens préparaient la peau

Après la chasse, les Indiens préparaient la peau de cet animal  suivant l'utilisation qu'ils en faisaient : Brute (lassos, courroies, liens, boîtes, pare flèches), tannée (tente, sacs, mocassins, chemises, jambières, manteaux)fumée (mocassins) et la viande (séchée ou pemmican).

Le tannage :

On étendait la peau fraîche sur le sol, poil en dessous. On l'étirait entre des piquets puis on enlevait le restant de chair à l'aide d'un grattoir en os. Ensuite la peau était mise à tremper dans un mélange d'eau et de cendres végétales. Puis on l'enduisait d'une pâte de cervelle, de graisse et de foie. On la frottait ainsi longuement pour bien la faire pénétrer et après on enroulait la peau et on laissait agir. Plus tard, on enlevait de fines lamelles de peau pour uniformiser l'épaisseur. Pour la souplesse, on frottait cette peau contre une corde de fibres de nerfs tendue sur une perche. Pour les vêtements d'hiver, on laissait les poils.

Le fumage :

Il conférait à la peau des propriétés d'étanchéité et de souplesse particulière. On s'en servait donc principalement pour les mocassins. Pour cela, la peau était mouillée puis séchée à plusieurs reprises. Ensuite, on l'enroulait selon la forme d'un cône et on la cousait ainsi pour la suspendre à un trépied au-dessus d'un feu. Elle prenait alors une teinte blond roux.

Peau brute :

On la grattait mais on la préparait différemment de la peau tannée. Elle était étendue poil en dessus puis battue à l'aide d'une mailloche en pierre. Une fois sèche, elle servait à la confection de boîtes et pare flèches.

Viande séchée :

On la retrouvait en hiver. On la trempait dans l'eau avec des légumes, pour une soupe, ou on la consommait telle quelle. On prélevait pour cela des morceaux qui étaient découpés en lanières d'1cm d'épaisseur. Puis elles séchaient 2 à 3 jours en plein soleil sur de hauts râteliers en bois. On les rentrait le soir sous la tente à cause de l'humidité.

Pemmican :

Viande séchée et rissolée dans la graisse, puis réduite en poudre et mélangée à des merises fraîches, le tout arrosé de graisse de rognons. Cette pâte était ensuite malaxée. Enfin on en remplissait des vessies scellées à la graisse, pour la consommer plus tard.



PARTIES COMESTIBLES Frais Viande
Moelle
Langue
Intestins
Foie et autres abats
Sang
Conservées Viande séchée
Graisse
Moelle
PEAU Cuir Brut Grands sacs
Étuis
Semelles de mocassins
Boucliers
Hochets
Tambours
Selles
Harnais
Lassos
Embarcations
Masques
Liens
Décorations
Tannée Enveloppes de tipis
Empeignes de mocassins
Jambières
Robes
Pagnes
Couvertures
Literie
Ceintures
Bonnets
Moufles
Raquettes de neige
Poches
Poupées
Articles commerciaux
CORNES Bols
Cuillères
Louches
Récipients pour braises
Récipients pour la poudre
Jouets
Coiffures
Hochets
OS Couteaux
Pointes de flèches
Pelles
Houes
Patins de traîneaux
Fil
Casse-tête
Racloirs
Poinçons
Pinceaux
Jetons de jeux
Objets cérémoniels
Poignées d’outils
FOURRURE Coiffures
Rembourrage
Cordes
Licous
Ornements
SABOTS, PIEDS Colle
Hochets
QUEUE Fouet Médecine
Chasse-mouches
Fouets
Ornements
VESSIE, PANSE Récipients de cuisson
Récipients pour l’eau
Cuvettes
Sacs
Seaux
Bols
TENDONS Renforcements d’arc
Fibres à coutures
Cordes d’arc
Ligatures diverses
CERVELLE Tannage des peaux
BOUSES Combustible
Fumigations cérémonielles


L’extermination

Avec l'arrivée des pionniers, des chasseurs et des trappeurs, presque tous les grands troupeaux de bisons furent rapidement décimés. Abattus par centaine de milliers pour leurs peaux, pour le sport (comme l'a illustré William Cody alias Buffalo Bill) voir seulement pour leur langue, ces massacres mettaient en péril la survie même des amérindiens.

Dès le XVIIIè siècle les colons de Virginie et de Pennsylvanie abattent des milliers de bisons parce qu’ils détruisent leurs clôtures et dévastent leurs champs.
Au 19è siècle le massacre s’organise ; le but de ce carnage est d’occuper des milliers d’hommes désœuvrés par la fin de la guerre de sécession. Mais l’objectif principal de l’extermination du bison est celle des Indiens. De 1870 à 1875, il a été tué 12,5 millions de bisons officiellement recensés par la vente de leurs peaux.

 

 

En 30 ans, le cheptel de 70 millions de têtes était descendu, en 1889, à 1091 bisons américains vivant dans le monde. Le but était atteint ; leurs principales raisons de vivre anéanties, les Indiens se rendent et finissent comme les derniers bisons dans des réserves.


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